- Les élections législatives allemandes ont rendu leur verdict : sans surprise, les chrétiens-démocrates de la CDU-CSU remportent le scrutin, mais sans triomphe.
- Avec 28,6 % des voix, ils restent sous la barre des 30 %, un score qui ne leur permet pas de gouverner seuls.
- Cette victoire en demi-teinte reflète un paysage politique en pleine recomposition en Allemagne.
Le chancelier sortant Olaf Scholz et son parti, le SPD, enregistrent une défaite avec seulement 16 % des suffrages. En raison de cette débâcle, Olaf Scholz annonce son retrait de la scène politique. Pourtant, l’impopularité record du gouvernement sortant n’a pas suffi à propulser la CDU vers une victoire écrasante.
L’AfD, grand gagnant du scrutin
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, réalise une percée spectaculaire en doublant son score de 2021. Avec plus de 20 % des voix, ce parti anti-migrants atteint un niveau sans précédent. Les premières estimations lui accordent environ 19,5 %, soit une progression de neuf points par rapport aux dernières élections.
La co-dirigeante du parti, Alice Weidel, s’est félicitée de ce « résultat historique », déclarant que « nous n’avons jamais été aussi forts au niveau national ». Depuis le quartier général de son parti à Berlin, elle a affirmé que « l’AfD a réussi à doubler son résultat – un succès incroyable qui montre clairement : les citoyens veulent un changement politique ».
Malgré ce succès, toute alliance avec la CDU-CSU demeure exclue, reléguant l’AfD à l’opposition.

Friedrich Merz pressé de gouverner
Le chef de file de la CDU-CSU, Friedrich Merz, veut rapidement former un gouvernement. « Le monde extérieur ne nous attend pas, et il n’attend pas non plus de longues négociations de coalition », a-t-il déclaré. Il souligne l’urgence de rendre l’Allemagne opérationnelle face aux défis économiques et géopolitiques.
Il a également mis en avant la nécessité de renforcer la défense européenne. « Le gouvernement américain se montre largement indifférent au sort de l’Europe », a-t-il déclaré à la télévision ARD, ajoutant qu’il souhaite voir émerger « une capacité de défense européenne autonome » en alternative à « l’Otan dans sa forme actuelle ».
Une coalition CDU-SPD en gestation
Pour gouverner, Friedrich Merz devra vraisemblablement s’allier avec les sociaux-démocrates du SPD, malgré leur échec électoral. Cette coalition disposerait d’une courte majorité au Bundestag, la chambre des députés. Le SPD, bien que fragilisé, entend peser dans les négociations en monnayant son soutien.
Une Allemagne à la croisée des chemins
L’Allemagne est confrontée à des défis majeurs : rupture du lien transatlantique, crise industrielle exacerbée par la concurrence chinoise, menace de guerres commerciales avec les États-Unis. Friedrich Merz sait qu’il ne peut se permettre d’attendre. Il ambitionne de finaliser les négociations gouvernementales d’ici la mi-avril.
Ce scrutin marque un tournant majeur dans l’histoire politique allemande, entre la montée en puissance de l’extrême droite et la nécessité d’une recomposition du paysage politique traditionnel.
