Face à la montée des tensions géopolitiques et à la raréfaction des ressources stratégiques, la France cherche à sécuriser son approvisionnement en minerais essentiels pour son industrie de défense.
La France mène actuellement des discussions avec l’Ukraine pour sécuriser l’accès à des minerais stratégiques, essentiels à son industrie de défense. Une information dévoilée par Sébastien Lecornu, ministre des Armées, qui a souligné l’importance de ces ressources pour la souveraineté industrielle française.
« Notre industrie de défense va avoir besoin d’un certain nombre de matières premières tout à fait clé dans nos propres systèmes d’armes, et ce pour les trente ou quarante prochaines années« , a déclaré Sébastien Lecornu sur franceinfo.
Parmi les minerais concernés figurent le manganèse, nécessaire pour l’acier inoxydable, le titane pour les superalliages, ainsi que le gallium, le germanium et le lithium, indispensables pour les composants électroniques et les batteries électriques.
L’Ukraine, un acteur clé
L’Ukraine détient environ 5% des ressources minières mondiales et 21 des 34 métaux critiques recensés par l’Union européenne. Une richesse qui en fait un acteur clé pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Depuis l’automne dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé des accords pour exploiter ces ressources en échange de garanties de sécurité.
« Nous parlons de cette question pour nos propres besoins français« , a confirmé Sébastien Lecornu, précisant que les discussions avec son homologue ukrainien se déroulent depuis octobre dans la plus grande discrétion.
Quel modèle de coopération ?
Le modèle envisagé repose sur un accord de partage de production à 50/50, une formule déjà adoptée dans certains gisements ukrainiens. Raphaël Danino-Perraud, chercheur associé à l’Iris, souligne que « l’industrie de la défense a besoin en particulier de manganèse pour développer de l’acier inoxydable, du titane pour des superalliages, ou encore du gallium et du germanium pour les produits électroniques« .
Cet accord permettrait à la France de diversifier ses sources d’approvisionnement et de réduire sa dépendance vis-à-vis de pays tiers comme la Chine. Parallèlement, il contribuerait à soutenir l’économie ukrainienne dans un contexte de reconstruction.
