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S&P Global Ratings maintient la note de la France mais alerte sur la détérioration des finances publiques

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L’étau se resserre sur l’économie française. Dans un contexte de ralentissement économique et de dette publique croissante, la dernière évaluation de S&P Global Ratings vient ajouter une pression supplémentaire sur le gouvernement

L’agence de notation S&P Global Ratings a confirmé la note de la dette souveraine de la France à AA-, tout en dégradant sa perspective de stable à négative. Une décision qui sonne comme un avertissement pour le gouvernement, déjà sous le feu des critiques pour la gestion des finances publiques.

Une dégradation en marche depuis plus de dix ans

 Depuis 2012, la note de la France ne cesse de s’effriter. Cette année-là, S&P abaissait pour la première fois la notation hexagonale, la faisant passer de AAA à AA+. En 2014, une nouvelle dégradation suivait, ramenant la note à AA. En mai 2024, la sanction tombait encore avec une notation revue à AA-. La perspective négative annoncée aujourd’hui pourrait marquer une nouvelle étape vers une dégradation supplémentaire, si la trajectoire budgétaire ne s’améliore pas.

Des finances publiques sous haute surveillance

Le ministère de l’Économie n’a pas tardé à réagir. « Ce placement sous perspective négative rappelle l’ampleur du défi de redressement de nos finances publiques », a commenté Bercy. Ce signal d’alarme s’ajoute à celui de l’agence Moody’s, qui avait rétrogradé la note de la France à Aa3 en décembre 2024, et à celui de Fitch, qui avait attribué en octobre dernier une note de AA-avec une perspective négative.

La défiance des agences de notation intervient alors que les derniers indicateurs économiques publiés par l’Insee dressent un tableau morose. Au quatrième trimestre 2024, le PIB s’est contracté de 0,1 %, tandis que la consommation des ménages, moteur traditionnel de l’économie française, n’a progressé que de 0,3 %. Pour les deux premiers trimestres 2025, l’Insee table sur une croissance limitée à 0,2 %, bien loin des 0,9 % espérés par le gouvernement.

Un plan d’action pour redresser la barre

Conscient des risques, Bercy s’apprête à dévoiler ce lundi un plan d’action pour renforcer la gestion des finances publiques. Porté par Éric Lombard, ministre de l’Économie, et Amélie de Montchalin, ministre déléguée aux Comptes publics, ce programme vise à restaurer la crédibilité budgétaire de la France. Objectif affiché : ramener le déficit public à 5,4 % du PIB en 2025.

Une équation politique délicate

Mais le défi s’annonce de taille. Entre les tensions sociales, la nécessité de relancer la croissance et la pression des marchés financiers, le gouvernement devra trouver un équilibre fragile. Une nouvelle dégradation de la note souveraine pourrait alourdir le coût de la dette et compliquer encore davantage la tâche de l’exécutif.

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