Le constructeur automobile Stellantis a connu une année 2024 marquée par un ralentissement significatif de son activité. Avec un chiffre d’affaires net en baisse de 17 %, s’établissant à 156,9 milliards d’euros, et un bénéfice net en chute libre de 70 % à 5,5milliards d’euros, le groupe franco-italo-américain fait face à de sérieux défis économiques et stratégiques.
Une rentabilité en baisse
En 2021, lors de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, Carlos Tavares, alors PDG, s’était engagé à maintenir une marge opérationnelle à deux chiffres sur toute la décennie. Cependant, cette dernière s’établit à seulement 5,5 % en 2024, contre 12,8 %en 2023, illustrant une perte de rentabilité significative.
Cette dégradation avait d’ailleurs contribué au départ de Carlos Tavares de la direction du groupe en fin d’année dernière.
Une trésorerie fragilisée
Pour maintenir ses opérations, Stellantis a dû puiser 6 milliards d’euros dans sa trésorerie en 2024. Une situation d’autant plus surprenante que le constructeur sortait de deux années exceptionnelles avec des bénéfices records de 16,8 milliards d’euros en 2022 et 18,6 milliards en 2023. Ces performances avaient permis d’importants rachats d’actions et versements de dividendes, respectivement 5,7 milliards en 2023 et 7,7 milliards en 2024.
Des difficultés marquées sur les marchés clés
Les problèmes de Stellantis ne se limitent pas à sa rentabilité. Son chiffre d’affaires a reculé de 11 % en Europe, atteignant 59 milliards d’euros, et a chuté de 27 % aux États-Unis, tombant à un peu plus de 63 milliards d’euros. L’entreprise peine à s’aligner sur les prix de la concurrence outre-Atlantique, un marché pourtant essentiel à sa croissance.
En parallèle, la réduction globale des ventes et la baisse de 132 % des volumes d’expédition ont aggravé la situation. De plus, certains modèles stratégiques n’étaient pas disponibles en stock, limitant les opportunités de ventes.
Un ralentissement des ventes de véhicules électriques
Alors que le segment électrique représentait un levier de croissance majeur, Stellantis voit ses ventes reculer. Après une hausse impressionnante de 47 % en 2023, elles ont enregistré une baisse de 2,2 % en 2024, malgré la mise en place du leasing social électrique. Ce retournement de tendance reflète des défis d’adoption par les consommateurs et une concurrence accrue sur le marché.
Perspectives 2025 : un redressement possible ?
Malgré ces difficultés, le président par intérim John Elkann se veut rassurant : « Nous sommes fermement déterminés à gagner des parts de marché et à améliorer nos performances financières à l’horizon 2025. » Cependant, Stellantis ne prévoit pas d’amélioration majeure de sa rentabilité à court terme.
