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Tensions diplomatiques et discours croisés : Macron dénonce l’‘impérialisme russe’, Moscou évoque une ‘menace nucléaire’

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  • Les déclarations d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire européenne ont suscité une levée de boucliers du côté russe.
  •  Lors d’une conférence de presse à Moscou, jeudi 6 mars, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que les propos du président français constituaient « une menace contre la Russie ».

 « S’il nous voit comme une menace et dit qu’il est nécessaire d’utiliser l’arme nucléaire, de se préparer à utiliser l’arme nucléaire contre la Russie, bien sûr, c’est une menace« , a déclaré Sergueï Lavrov, en qualifiant d' »absurdes » et « délirantes » les accusations selon lesquelles la Russie préparerait une attaque contre l’Europe.

Dans une tirade cinglante, le ministre russe a comparé Emmanuel Macron à Napoléon et Hitler, qui ont tous deux ont voulu “conquérir” et “vaincre” la Russie. “Apparemment, il veut la même chose”, a-t-il déclaré.

Le Kremlin accuse Paris de vouloir prolonger la guerre

 Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a abondé dans le même sens, estimant que le discours du président français était « extrêmement conflictuel« . « On peut conclure que la France pense plus à la guerre, à la continuation de la guerre« , a-t-il affirmé.

Dmitri Peskov a pointé du doigt « beaucoup d’inexactitudes » dans l’allocution du chef de l’État français, notamment sur la violation des accords de Minsk par la Russie. « Monsieur le Président a oublié de mentionner que son prédécesseur, Monsieur Hollande, a lui-même admis que personne n’allait mettre en œuvre les accords de Minsk« , a-t-il ajouté.

 Depuis Moscou, Vladimir Poutine a également réagi, sans nommer directement Emmanuel Macron. « Il existe encore des gens qui veulent retourner aux temps de Napoléon, en oubliant comment ça s’est terminé« , a-t-il lancé, lors d’une rencontre avec des vétérans russes.

Ces piques réfèrent à la campagne de Russie de 1812, qui s’était conclue par une retraite désastreuse pour l’armée française.

 Macron fustige l’impérialisme russe

 De son côté, Emmanuel Macron a mis en garde contre « la menace russe« , déplorant son « agressivité [qui] ne semble pas connaître de frontières« . « La seule puissance impériale que je vois aujourd’hui en Europe, c’est la Russie« , a-t-il affirmé depuis Bruxelles, qualifiant Vladimir Poutine d' »impérialiste révisionniste« . Le chef de l’État a ajouté que le président russe « peut trahir les accords qu’il signe, il l’a déjà fait« .

Face à l’escalade des tensions, Emmanuel Macron a réaffirmé la priorité du soutien à l’Ukraine. « Nous avons besoin d’augmenter nos capacités de défense et nous avons besoin de bâtir sur les quelques années qui viennent des capacités de défense autonomes pour les Européens« , a-t-il déclaré.

Malgré les critiques russes, le président français s’est dit prêt à dialoguer avec Vladimir Poutine « quand ce sera le bon moment« . Mais il a prévenu que les Européens refuseraient « toute capitulation » et tout « cessez-le-feu négocié à la va-vite, sans garanties« .

Cette passe d’armes rhétorique illustre la difficulté de restaurer un dialogue constructif entre Paris et Moscou, sur fond de guerre en Ukraine. L’Europe devra trouver l’équilibre entre fermeté militaire et ouverture diplomatique pour éviter un nouvel embrasement du conflit dans les mois à venir.

 

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