- Un mois après l’annonce controversée de Donald Trump sur la prise de contrôle de Gaza, une alternative diplomatique prend forme.
- L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a officiellement adopté, samedi 8 mars, un plan de reconstruction pour l’enclave palestinienne.
- Soutenu par plusieurs puissances européennes, ce projet vise à restaurer un territoire meurtri par plus d’un an de guerre entre Israël et le Hamas.
Contrairement à la proposition de l’ancien président américain, qui prévoyait l’expulsion des Gazaouis vers l’Égypte et la Jordanie, le plan arabe insiste sur le maintien de la population sur place. L’initiative, élaborée sous l’égide de l’Égypte et validée par la Ligue arabe, rejette toute idée de transfert forcé.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré qu’il garantirait « le maintien des Gazaouis sur leur terre« , sans pour autant critiquer frontalement Donald Trump, affirmant que ce dernier est « capable de parvenir à la paix » dans la région.
Un plan de reconstruction en trois phases
D’un coût estimé à 53 milliards de dollars sur cinq ans, le plan se déploiera en trois étapes :
- Six mois d’urgence : déblaiement des décombres, déminage et installation de logements temporaires pour plus de 1,5 million de personnes.
- Restauration des infrastructures essentielles : réhabilitation des hôpitaux, des routes et des logements permanents.
- Développement économique et modernisation : construction d’un port, d’un aéroport et de zones industrielles, avec une approche durable misant sur les énergies renouvelables.
L’objectif affiché est d’assurer une reconstruction durable et de garantir une amélioration des conditions de vie dans l’enclave.
Le communiqué final du sommet de la Ligue arabe a mis en garde contre toute tentative de déplacement forcé des Gazaouis, avertissant qu’une telle initiative « plongerait la région dans une nouvelle phase de conflits (…) ce qui constitue une menace claire pour (…) la paix » au Proche-Orient.
Un soutien international mitigé
Le plan a reçu un accueil favorable en Europe. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie l’ont qualifié de « voie réaliste vers la reconstruction de Gaza » qui offrirait « une amélioration rapide et durable des conditions de vie catastrophiques des Palestiniens vivant à Gaza« . L’ONU, par la voix de son secrétaire général Antonio Guterres, a également exprimé son soutien, affirmant que l’organisation « soutenait fermement » cette initiative.
En outre, Israël rejette catégoriquement cette initiative et exclut toute implication future de l’Autorité palestinienne dans la gestion de Gaza. Sur X, la diplomatie israélienne a accusé cette dernière d’avoir démontré « de manière répétée sa corruption, son soutien au terrorisme et son échec à régler la question« . De leur côté, les États-Unis restent sceptiques, estimant que le plan « ne répond pas entièrement aux attentes de Washington« .
Une nouvelle gouvernance en perspective ?
Outre la reconstruction, le plan pose la question de la gouvernance de Gaza. L’Autorité palestinienne, évincée du territoire en 2007 par le Hamas, serait chargée de l’administration via un comité de technocrates pendant une période transitoire.
Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a affirmé lors du sommet : « L’État de Palestine assumera ses responsabilités dans la bande de Gaza« . Il s’est également dit prêt à organiser « l’année prochaine » des élections présidentielle et législatives dans les Territoires palestiniens, « à condition que les conditions soient réunies« .
Si le Hamas est exclu de la gestion future, le mouvement islamiste a néanmoins « salué » l’initiative et la création d’un comité chargé de gérer le territoire après la guerre.
