- Les relations entre l’Ukraine et les États-Unis entrent dans une phase critique alors que leurs délégations se rencontrent ce mardi.
- Cette réunion se tient dans un climat diplomatique tendu, marqué par l’altercation spectaculaire du 28 février dernier entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale.
- Suite à cet épisode, la Maison Blanche a annoncé le gel de l’aide militaire et du partage de renseignements avec l’Ukraine.
Malgré ces tensions, Washington insiste sur la nécessité de parvenir à un « cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial« , selon Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient, qui a également annoncé sa présence en Arabie Saoudite.
Côté ukrainien, la délégation sera composée d’Andriï Iermak, le chef de l’administration présidentielle, le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le ministre de la Défense Roustem Oumerov et le chef adjoint de cabinet du président Pavlo Palissa.
Dimanche, l’entourage du secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé sa présence à Jeddah de lundi à mercredi, où il s’entretiendra avec son homologue ukrainien. « L’objectif sera de travailler sur l’objectif du président (Trump, ndlr) de mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine« , a déclaré le département d’État dans un communiqué.
L’Ukraine dans l’expectative
Côté ukrainien, le discours se veut prudent. « Nous espérons discuter et nous mettre d’accord sur les décisions et étapes nécessaires« , a déclaré samedi Volodymyr Zelensky, réaffirmant que son pays souhaite « la paix« .
Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien s’est pourtant dit « persuadé que la réunion sera productive« . Dimanche, il a insisté sur son espoir d' »obtenir des résultats à la fois pour se rapprocher de la paix et poursuivre le soutien« , une allusion directe à l’aide américaine suspendue.
L’Europe face à ses responsabilités
Sur le vieux continent, la France entend prendre le leadership des discussions stratégiques. Emmanuel Macron organise mardi une réunion des chefs d’état-major européens pour envisager un « déploiement de forces européennes » en Ukraine. « Elles n’iraient pas se battre sur la ligne de front, mais au contraire, une fois la paix signée, pour en garantir le plein respect« , a précisé le président lors d’une intervention télévisée.
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a renchéri samedi dans les colonnes du Parisien : « Il s’agira de partager les diagnostics et analyses pour les faire converger« . Pour lui, l’enjeu est de « définir les moyens de soutenir l’armée ukrainienne dans la durée et les capacités à déployer pour garantir la paix. C’est une première. »
Mercredi, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, réunira ses homologues d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et du Royaume-Uni, ainsi que des représentants de l’Otan et de l’Union européenne. Ils « échangeront aussi sur le réarmement nécessaire de l’Europe et de nos pays respectifs, qui s’impose pour garantir notre sécurité collective sur le long terme« , indique le ministère français des Armées.
