- La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé une réponse ferme aux nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium, en dévoilant un ensemble de contre-mesures visant les exportations américaines.
- Ces mesures sont prises en réponse aux droits de douane jugés injustifiés et perturbateurs par l’Union européenne.
Les tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape mercredi matin, lorsque l’exécutif européen a annoncé une série de contre-mesures visant les exportations américaines. Celles-ci incluent une large gamme de produits, allant des motos Harley-Davidson au bourbon, en passant par les bateaux. Ursula von der Leyen a souligné la gravité de la situation :
« Nous regrettons profondément cette mesure. Les droits de douane sont des taxes. Ils sont mauvais pour les entreprises et encore plus pour les consommateurs. Ils perturbent les chaînes d’approvisionnement. Ils sont source d’incertitude pour l’économie. », a souligné Ursula von der Leyen, en rappelant que ces mesures pourraient entrainer des conséquences économiques majeures.
« Des emplois sont en jeu. Les prix vont augmenter. En Europe et aux États-Unis. », a t-elle ajouté.
Le contexte des droits de douane américains
Ces contre-mesures font suite à une décision du président américain Donald Trump, qui a signé un décret imposant des droits de douane de 25 % sur les importations d’acier, d’aluminium et de produits dérivés, affectant près de 26 milliards d’euros d’exportations européennes.
Ce décret a été largement perçu par l’UE comme une attaque commerciale injustifiée, d’autant plus que l’Allemagne, en particulier, est un important exportateur d’acier vers les États-Unis.
L’UE avait déjà exprimé son mécontentement et averti qu’elle prendrait des mesures de rétorsion si ces tarifs étaient appliqués. En 2018 et 2020, face à des droits de douane similaires, l’UE avait répondu en imposant des taxes sur des produits américains, pour un total de 2,8 milliards d’euros.
Des contre-mesures en deux temps
L’Union européenne a décidé de répondre de manière proportionnée. Les nouvelles contre-mesures seront appliquées en deux phases :
- Le 1er avril 2025, l’UE mettra fin à la suspension des contre-mesures prises en 2018 et 2020. Ces mesures avaient affecté une gamme de produits américains allant des bateaux aux motos Harley-Davidson et avaient causé des dommages économiques estimés à 8 milliards d’euros.
- Mi-avril 2025, une nouvelle série de contre-mesures sera mise en place. Celles-ci viseront des exportations américaines d’une valeur de 18 milliards d’euros, portant ainsi la réponse européenne à un total de 26 milliards d’euros, équivalant aux droits de douane américains.
Une consultation des parties prenantes avant application
Afin d’assurer que les intérêts des secteurs concernés soient pris en compte, l’UE lancera une consultation des parties prenantes qui se déroulera jusqu’au 26 mars 2025. Les représentants de l’industrie et du commerce auront ainsi l’opportunité de donner leur avis sur les contre-mesures proposées.
Une fois cette consultation terminée, un acte juridique sera mis en place pour officialiser les nouvelles taxes, sous réserve de l’approbation des pays membres de l’UE.
Une volonté de dialogue malgré les tensions
Toutefois, malgré la fermeté de cette réponse, Ursula von der Leyen a réaffirmé la volonté de l’Union européenne de trouver une solution négociée. Elle a souligné les risques d’escalade des tensions commerciales et a insisté sur l’importance de la coopération transatlantique dans un monde marqué par des incertitudes géopolitiques et économiques.
« Dans un monde marqué par des incertitudes géopolitiques et économiques, il n’est pas dans notre intérêt commun d’imposer des droits de douane à nos économies. », a indiqué présidente d la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Pour relancer les discussions, Ursula von der Leyen a chargé le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, de reprendre les négociations avec les États-Unis. L’UE reste ouverte à un règlement amiable, mais la pression pour trouver une solution est plus forte que jamais.
