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La Banque de France révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2025

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  • La Banque de France a abaissé mercredi ses prévisions de croissance pour 2025, ramenant son estimation à 0,7 % contre 0,9 % prévu par le gouvernement.
  • Ce ralentissement marque un coup de frein net par rapport à 2024 (+1,1 %) et s’explique par un contexte international incertain, exacerbé par les tensions commerciales.

Selon l’institution, le climat économique mondial pèse sur l’activité française. « Le regain d’incertitude au niveau international et des comportements toujours attentistes face à la situation nationale freinent la croissance », indique la Banque de France dans son dernier communiqué.

Parmi les facteurs majeurs de cette révision, l’augmentation des droits de douane imposés par l’administration Trump à la Chine et les mesures de rétorsion de Pékin sont pointées du doigt. En revanche, l’impact des tensions commerciales avec l’Europe, le Canada et le Mexique n’a pas encore été pleinement intégré aux prévisions, bien qu’elles alimentent les incertitudes.

La consommation des ménages comme principal levier

Si le commerce extérieur avait soutenu l’économie en 2024, il ne jouera pas ce rôle en 2025. Les exportations et les investissements des entreprises devraient pâtir d’une demande internationale en berne. En revanche, la consommation des ménages pourrait prendre le relais, avec une progression attendue de 1 %. Cette dynamique repose notamment sur une hausse du pouvoir d’achat, portée par une inflation en recul.

L’inflation, justement, devrait nettement ralentir. Après 2,3 % en 2024, elle tomberait à 1,3 % en moyenne annuelle en 2025, un repli attribué à la baisse des prix de l’électricité et à une accalmie sur les services.

Un défi budgétaire pour le gouvernement

Malgré cette révision à la baisse, le gouvernement maintient son objectif de croissance à 0,9 %. Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, s’est voulu rassurant : « La moindre croissance prévue par la Banque de France ne remet pas en cause notre capacité à atteindre la cible de déficit public de 5,4 % du PIB. Toutefois, cela pourrait nécessiter des ajustements en cours d’année. »

La trajectoire budgétaire reste donc sous surveillance, avec des décisions d’éventuelles réductions de dépenses susceptibles d’être prises pour respecter les engagements européens.

Une reprise progressive attendue après 2025

La Banque de France prévoit une croissance de 1,2 % en 2026, en légère baisse par rapport aux prévisions initiales, avant de retrouver un rythme plus soutenu en 2027 avec 1,3 %. Cette reprise progressive reste cependant conditionnée à l’évolution des tensions commerciales et des politiques économiques mises en place.

Dans un environnement toujours marqué par l’incertitude, la France devra donc compter sur la résilience de sa consommation intérieure pour maintenir son dynamisme économique. Reste à voir si cette stratégie suffira à compenser les vents contraires venus de l’international.

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