- Les tensions en mer Rouge ont ravivé les craintes sur l’approvisionnement énergétique mondial.
- Après les frappes militaires américaines contre les Houthis au Yémen, en représailles aux attaques contre des navires commerciaux, les cours du pétrole ont immédiatement réagi à la hausse.
Les prix du pétrole brut ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis le 4 mars. Sur le marché asiatique, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a bondi de 1,5 % pour s’établir à 68,19 dollars, tandis que le Brent a progressé de 1,42 %, atteignant 71,58 dollars avant de connaître un léger repli. Le gaz naturel a suivi la tendance, enregistrant une hausse de près de 1 %.
La Chine, un acteur clé du marché pétrolier
En parallèle, Pékin a dévoilé un plan de relance pour stimuler la consommation intérieure, appuyé par des indicateurs économiques encourageants. Les ventes au détail ont progressé de 4 % au cours des deux premiers mois de l’année, contre 3,7 %en décembre, renforçant l’optimisme des investisseurs quant à la demande en hydrocarbures.
Tension en mer Rouge : un impact direct sur l’énergie
Le détroit de Bab el-Mandeb et le canal de Suez sont des axes névralgiques pour l’acheminement du pétrole et du gaz entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Depuis la fin de l’année 2023, les attaques des Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires commerciaux ont perturbé le commerce maritime.
La menace d’une reprise des attaques, annoncée par le groupe rebelle après un cessez-le-feu de six semaines à Gaza, fait craindre une nouvelle flambée des coûts de transport et un durcissement des tensions géopolitiques.
Le pétrole toujours sous pression malgré un rebond des prix
Malgré ce sursaut, le marché pétrolier reste fragilisé. Début mars, les prix du brut avaient chuté à leur plus bas niveau depuis novembre 2021, sous l’effet des tensions commerciales et des négociations autour du conflit en Ukraine.
La Chine a imposé des droits de douane de 10 % sur le pétrole brut et de 15 % sur le gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis, en réponse aux taxes de l’administration Trump. Dans le même temps, Washington a instauré un prélèvement de 10 % sur les importations de pétrole canadien.
De son côté, l’OPEP+ a annoncé une augmentation de la production de 138 000 barils par jour dès avril, un signal qui pourrait peser sur les cours. Toutefois, le durcissement des sanctions américaines contre l’Iran et l’incertitude politique en Ukraine ont permis un redressement temporaire des prix.
Quelles perspectives pour 2025 ?
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit un excédent de l’offre mondiale d’environ 600 000 barils par jour en 2025, en raison d’une production record aux États-Unis et d’une demande fragilisée par les tensions commerciales. Malgré une consommation accrue en Chine, l’abondance de l’offre pourrait maintenir la pression sur les prix.
Par ailleurs, les stocks américains de pétrole brut ont augmenté pour la sixième fois en sept semaines, renforçant la pression baissière. La production des États-Unis s’est stabilisée à 13,58 millions de barils par jour, frôlant un niveau record.
Pour les consommateurs, cette hausse du prix du brut pourrait se traduire par une augmentation des coûts énergétiques et des prix à la pompe. Avec un climat économique sous pression, la période à venir s’annonce décisive pour les marchés financiers et les politiques énergétiques mondiales.
Le marché pétrolier reste sous tension face à l’escalade des conflits et aux incertitudes économiques. Alors que les acteurs du secteur scrutent les prochaines décisions américaines et les réactions des Houthis, l’évolution des prix du pétrole dans les semaines à venir pourrait redéfinir les dynamiques énergétiques mondiales.
