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Les États-Unis veulent renforcer leur présence au Groenland, le Danemark réagit

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  • Washington remet en question la gestion danoise du Groenland et réclame une plus grande influence sur l’île arctique.
  • Face à ces ambitions américaines, le Danemark et les Groenlandais affichent une opposition ferme.

Le Groenland, territoire stratégique de l’Arctique, est au centre d’un nouvel affrontement diplomatique entre les États-Unis et le Danemark. Lors d’un discours prononcé devant des soldats américains à 1 500 km au nord de Nuuk, le vice-président américain J.D. Vance a vivement critiqué la gestion danoise du territoire, provoquant une réaction immédiate de Copenhague.

 J.D. Vance fustige le Danemark

En visite au Groenland, J.D. Vance n’a pas mâché ses mots. « Notre message au Danemark est très simple, vous n’avez pas fait du bon travail pour le peuple du Groenland », a-t-il lancé, accusant Copenhague de ne pas avoir investi suffisamment dans la défense de l’Arctique et, par extension, dans celle des États-Unis.

Cette déclaration s’inscrit dans une volonté plus large de Washington de renforcer son influence dans la région, jugée cruciale sur le plan géopolitique et militaire.

Le vice-président a également relayé une déclaration de Donald Trump, affirmant que les États-Unis avaient « besoin du Groenland ».

« Cela doit arriver. Nous devons prendre une position significative au Groenland. Nous pensons que les habitants du Groenland sont rationnels et que nous allons pouvoir conclure un accord « à la Donald Trump », pour assurer la sécurité de ce territoire, mais aussi des États-Unis d’Amérique », a-t-il ajouté.

Une réaction outrée du Danemark

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a rapidement répondu à ces attaques, dénonçant la virulence du ton employé par Vance. « Nous sommes ouverts aux critiques, mais, pour être tout à fait honnête, nous n’apprécions pas le ton sur lequel elles ont été formulées », a-t-il déclaré dans une vidéo en anglais diffusée sur X.

« Ce n’est pas ainsi que l’on s’adresse à ses proches alliés, et je considère toujours le Danemark et les États-Unis comme des proches alliés », a déclaré Lars Løkke Rasmussen

Il a également rappelé que l’accord de défense de 1951 permet déjà aux États-Unis de renforcer leur présence militaire au Groenland. « L’accord de défense de 1951 offre aux États-Unis de nombreuses possibilités d’avoir une présence militaire beaucoup plus forte au Groenland. Si c’est ce que vous souhaitez, discutons-en », a-t-il proposé.

Le Groenland refuse toute pression américaine

Si les États-Unis manifestent un intérêt croissant pour le Groenland, la réponse groenlandaise est sans équivoque. Malgré l’intensification des pressions diplomatiques, le nouveau gouvernement de coalition, représentant 75 % de la population, s’est déclaré opposé à toute ingérence américaine.

La cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, a tenu à rappeler les engagements du Danemark aux côtés des États-Unis en Irak et en Afghanistan, tout en réaffirmant son ouverture à « coopérer jour et nuit avec les Américains sur la sécurité dans l’Arctique ». Mais sur la question d’un éventuel rattachement aux États-Unis, elle a été catégorique : « Les États-Unis savent que le Groenland n’est pas à vendre. Ils savent que le Groenland ne veut pas faire partie des États-Unis. Cela leur a été communiqué sans ambiguïté, tant directement qu’en public. »

Le roi Frederik X du Danemark a lui aussi exprimé son attachement au territoire groenlandais. « Il ne doit y avoir aucun doute sur mon amour pour le Groenland, et mon lien avec le peuple groenlandais est intact », a-t-il affirmé sur la chaîne TV2.

Un enjeu stratégique majeur

Si Washington convoite le Groenland, ce n’est pas seulement pour ses vastes étendues glacées. La base américaine de Pituffik constitue un avant-poste stratégique de la défense antimissile américaine, car la trajectoire la plus courte des missiles en provenance de Russie vers les États-Unis passe par le Groenland. Historiquement, les États-Unis avaient déjà installé 17 bases et infrastructures militaires sur le territoire après la Seconde Guerre mondiale.

Toutefois, malgré ces enjeux géostratégiques et économiques, l’idée d’un rapprochement entre le Groenland et les États-Unis reste largement rejetée par la population locale, majoritairement inuite. Un sondage réalisé en janvier dernier confirme ce rejet massif.

La position stratégique du territoire et ses ressources potentielles attisent les convoitises, mais les Groenlandais semblent déterminés à tracer leur propre voie, loin de toute pression extérieure. Reste à voir si les États-Unis parviendront à renforcer leur influence sans provoquer une crise diplomatique avec leurs alliés européens.

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