- Le Pentagone a annoncé le retrait d’environ 5 000 militaires américains stationnés en Allemagne, sur fond de tensions entre Donald Trump et Friedrich Merz au sujet de la guerre en Iran.
- Une décision qui inquiète l’Otan et relance le débat sur la sécurité européenne.
Le Pentagone a officialisé, vendredi 1er mai, le retrait de quelque 5 000 militaires américains d’Allemagne. Cette mesure représente environ 15 % des 36 000 soldats américains actuellement stationnés dans le pays, l’un des principaux points d’appui militaires des États-Unis en Europe.
« Nous prévoyons que le retrait se termine dans les six à douze prochains mois », a déclaré un porte-parole du ministère américain de la Défense.
Cette annonce intervient après plusieurs jours de crispations entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz, autour de la guerre en Iran. Plus tôt dans la semaine, le président américain avait déjà évoqué la possibilité de réduire la présence militaire américaine en Allemagne, pays allié et membre de l’Otan.
Le désaccord s’est accentué après les propos de Friedrich Merz, qui avait estimé lundi que « les Américains [n’avaient] visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » Washington.
« Il pense que c’est acceptable que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle ! », a déclaré Donald Trump mardi, exprimant un désaccord frontal avec les positions attribuées au chancelier allemand sur le dossier iranien.
Friedrich Merz, sans répondre directement à ces critiques, a pour sa part appelé jeudi à « un partenariat transatlantique fiable », soulignant l’importance de préserver la coopération entre les deux rives de l’Atlantique malgré les divergences.
De son côté, le ministre de la Défense Boris Pistorius a réagi avec prudence. « Que des troupes des États-Unis se retirent d’Europe et d’Allemagne était attendu », a-t-il déclaré. Il a toutefois appelé les pays européens à tirer les conséquences de cette décision : « Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité. »
L’Otan cherche à comprendre la décision américaine
L’annonce du retrait a également suscité des interrogations au sein de l’Alliance atlantique. Samedi, une porte-parole de l’Otan a indiqué que l’organisation « travaille » avec les États-Unis pour « mieux comprendre » la décision de Washington.
Cette réduction d’effectifs intervient dans un contexte stratégique sensible, alors que la guerre en Iran continue de tendre les relations entre les États-Unis et plusieurs de leurs alliés européens.
L’Allemagne n’est pas le seul pays concerné par les menaces de désengagement américain. Donald Trump a déclaré jeudi envisager aussi une réduction des forces américaines en Italie et en Espagne.
« L’Italie n’a été d’aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse », a affirmé le président américain, reprochant à ses alliés européens leur manque de soutien dans le conflit au Moyen-Orient.
Fin 2025, l’Italie comptait 12 662 soldats américains en service actif, tandis que l’Espagne en accueillait 3 814, selon un décompte officiel.
Les tensions commerciales s’ajoutent au bras de fer militaire
La relation entre Washington et Berlin est également fragilisée par les tensions commerciales. Vendredi, Donald Trump s’en est pris indirectement à l’Allemagne et à ses importantes exportations automobiles, en annonçant vouloir relever à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l’Union européenne.
Le président américain accuse l’UE de ne pas respecter l’accord commercial conclu à l’été 2025, alors que le processus de validation de cet accord n’est pas encore achevé au sein du bloc des 27.
Samedi 2 mai, Donald Trump a encore durci le ton en affirmant vouloir réduire « bien davantage » le nombre de militaires américains stationnés en Allemagne. Une déclaration qui laisse planer la menace d’un désengagement plus profond des États-Unis en Europe.
