17.5 C
Paris
mardi, mars 24, 2026
AccueilActualitéDouze diplomates expulsés, ambassadeur rappelé : la France réplique, mais appelle à...

Douze diplomates expulsés, ambassadeur rappelé : la France réplique, mais appelle à renouer le dialogue avec Alger

Date:

  • En pleine montée des tensions avec Alger, Paris expulse douze diplomates algériens en réponse à une mesure identique prise par l’Algérie.
  • L’Élysée a également rappelé son ambassadeur à Alger, Stéphane Romatet, pour consultations — une mesure rare depuis l’indépendance algérienne.
  • Malgré la fermeté affichée, Paris appelle à un retour à un dialogue « franc, lucide et exigeant ».

Moins de 24 heures après l’annonce de l’expulsion de douze agents diplomatiques français par l’Algérie, la France a décidé de répliquer. Paris annonce, à son tour, le renvoi de douze diplomates algériens, dans une réponse qualifiée de « stricte réciprocité ».

La tension diplomatique entre Paris et Alger est montée d’un cran. Dans un communiqué publié ce mardi 15 avril, l’Élysée annonce l’expulsion de douze agents du réseau consulaire et diplomatique algérien en poste en France. Une mesure prise en réaction à celle décidée la veille par Alger, visant douze agents français.

« La France procédera symétriquement à l’expulsion de douze agents servant dans le réseau consulaire et diplomatique algérien », indique la présidence, qui précise également avoir rappelé pour consultations l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Une décision sans précédent depuis l’indépendance algérienne, que l’Élysée qualifie de « mesure de protestation » contre une décision jugée « regrettable ».

Barrot : « Nous répliquons avec fermeté »

Invité du JT de 20H de TF1, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a justifié cette riposte par un souci de réciprocité. « Les autorités algériennes ont fait le choix de l’escalade, et donc nous répliquons avec fermeté comme nous l’avions annoncé », a-t-il déclaré, ajoutant que la France agissait « avec la plus stricte réciprocité ».

Selon le ministre, les agents algériens expulsés ont été « désignés par les autorités françaises compétentes », précisant que « ce n’est pas en raison de faits qui leur seraient reprochés, mais dans une stricte logique de réciprocité ».

Concernant le rappel de l’ambassadeur Romatet, Jean-Noël Barrot a insisté sur la portée symbolique de cette mesure.

« C’est une mesure de protestation, une mesure d’opposition à la mesure qui a été prise par l’Algérie et qui est très regrettable parce qu’elle compromet le dialogue que nous avions réinitié », précise le chef de la diplomatie française 

Un climat détérioré après une arrestation en France

En toile de fond, une affaire judiciaire. Dimanche dernier, un agent consulaire algérien a été mis en examen en France pour l’enlèvement d’un influenceur opposé au régime algérien. Une arrestation qui a provoqué la colère d’Alger, et dont découle, selon Paris, la décision d’expulsion des agents français.

Sur France Inter, Jean-Noël Barrot a qualifié la mesure algérienne de « décision brutale », tout en réaffirmant l’indépendance de la justice française : « Il n’y a pas d’affaire Retailleau », a également martelé la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, réfutant l’implication du ministre de l’Intérieur français, mis en cause par les autorités algériennes.

Coopération migratoire sous tension

En parallèle, les autorités françaises maintiennent la pression sur un autre front sensible : la coopération migratoire. Une liste de ressortissants algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) a été transmise à Alger. Jean-Noël Barrot a averti que « la France va continuer à tenir les autorités algériennes à leurs obligations », en matière de retours comme de sécurité.

« Il y a des règles et il faut les respecter. Même si nous avons des différends, [les autorités algériennes] doivent respecter les obligations qui leur incombent », a précisé Jean-Noël Barrot

« Revenir à un dialogue franc et lucide »

Malgré l’escalade, le gouvernement français veut croire à une sortie de crise. Jean-Noël Barrot l’a affirmé : « Il nous faudra un jour ou l’autre revenir à un dialogue franc, lucide et exigeant entre nos deux pays ».

Une position reprise par Sophie Primas, qui évoque une « escalade regrettable », alors que les relations entre la France et l’Algérie semblaient amorcer une phase de détente. « Nous étions partis sur une relation un peu plus apaisée, un peu plus constructive », a-t-elle déploré après le Conseil des ministres.

Les plus populaires