- Stellantis a suspendu ses prévisions financières pour 2025, citant les incertitudes liées aux droits de douane, après un premier trimestre marqué par une chute de 14 % de ses revenus.
- Bien que les volumes de vente aient baissé, le constructeur automobile a relevé des prix de vente plus élevés que prévu dans plusieurs régions, notamment en Amérique du Nord.
Le groupe Stellantis a annoncé, ce mercredi 30 avril, qu’il suspendait ses objectifs financiers pour 2025. Cette décision intervient après une chute de 14 % de ses revenus au premier trimestre, liée en grande partie à la baisse des volumes de vente et à l’impact des tarifs douaniers. Toutefois, le constructeur automobile a souligné des résultats positifs sur les prix de vente dans plusieurs régions, notamment en Amérique du Nord.
Stellantis fait face à une pression considérable en raison des droits de douane qui pèsent sur ses activités. Dans une présentation, le constructeur a justifié la suspension de ses objectifs financiers pour 2025 par les « incertitudes liées aux tarifs douaniers« . Le groupe indique qu’il est difficile d’évaluer l’impact d’une politique commerciale en constante évolution, d’autant plus dans un environnement concurrentiel de plus en plus complexe.
Avant cette annonce, Stellantis visait une croissance de ses revenus pour 2025, avec une marge opérationnelle comprise entre 4 %et 6 %, ainsi qu’un flux de trésorerie positif. Mais la guerre commerciale et les surtaxes douanières, notamment celles imposées par les États-Unis, ont forcé le groupe à revoir ses ambitions à la baisse.
Les conséquences des droits de douane pour Stellantis
Les droits de douane de 25 % sur les importations de voitures et de pièces détériorent les marges des constructeurs automobiles opérant sur le marché américain, dont Stellantis fait partie. Le constructeur produit chaque année environ 580 000 véhicules au Mexique et au Canada, deux marchés particulièrement exposés à ces surtaxes.
Selon la Royal Bank of Canada, ces droits de douane permanents pourraient réduire de 12 % les bénéfices de Stellantis, sauf si des mesures compensatoires, telles que la relocalisation de la production aux États-Unis, sont mises en place.
Le groupe met également en avant les risques liés à sa stratégie de production. Une partie importante de ses ventes en Amérique du Nord provient de véhicules assemblés en dehors des États-Unis, notamment au Mexique.
Des mesures de protection en place
Face à ces incertitudes, Stellantis a pris plusieurs mesures pour limiter les conséquences négatives des droits de douane. Parmi celles-ci, la suspension de l’importation de véhicules européens aux États-Unis. Par ailleurs, le groupe prévoit de « calibrer sa production et l’emploi » dans les mois à venir pour limiter l’impact sur sa rentabilité. Stellantis a également annoncé qu’il réévaluerait ses plans de dépenses en capital pour s’adapter à la situation.
L’entreprise rappelle que plus de 50 % de son résultat opérationnel courant provient de l’extérieur de l’Amérique du Nord, et que 58 % des véhicules vendus aux États-Unis étaient assemblés localement en 2023-2024, ce qui atténue quelque peu les effets des surtaxes.
Une visibilité limitée
Les résultats financiers du groupe pour le premier trimestre 2025 ont révélé une chute de 14 % de ses revenus, qui s’établissent à 35,8 milliards d’euros, contre 41,7 milliards d’euros un an plus tôt. Cette baisse est principalement due à la diminution des volumes de vente, en baisse de 9 % dans le monde, et de 20 % en Amérique du Nord, région clé pour Stellantis.
L’annonce de Stellantis survient dans un contexte de forte incertitude économique, où les droits de douane représentent un véritable frein à la croissance du groupe. Bien que des ajustements aient été mis en place pour limiter les impacts sur la rentabilité, la société devra naviguer dans cet environnement incertain. Pour Stellantis, les mois à venir seront cruciaux pour adapter sa stratégie face à cette pression croissante.
