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mercredi, mai 6, 2026
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Naturalisation : Bruno Retailleau durcit les conditions d’accès à la nationalité française

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Bruno Retailleau impose de nouvelles règles plus strictes pour l’accès à la nationalité française. Maîtrise renforcée du français, insertion professionnelle exigée sur cinq ans, ressources stables hors aides sociales, et test sur les valeurs républicaines : la circulaire vise à affirmer l’exigence républicaine au cœur de la naturalisation.

   Le ministre de l’Intérieur impose des critères plus stricts aux candidats à la naturalisation, avec un accent mis sur l’autonomie financière, l’insertion professionnelle et la maîtrise du français.

Le ton se durcit du côté de l’exécutif sur les questions de naturalisation. Dans une circulaire récemment adressée aux préfets, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, précise une série de nouvelles exigences visant à restreindre l’accès à la nationalité française. Objectif affiché : s’assurer de l’adhésion pleine et entière des demandeurs aux valeurs de la République, et garantir leur autonomie.

Des critères plus stricts pour prouver son intégration

Dans ce document confidentiel révélé par Le Figaro, le ministère insiste d’abord sur « l’exemplarité du parcours » du candidat. Toute trace d’un séjour irrégulier par le passé pourrait désormais peser lourdement dans la balance. Autre nouveauté majeure : l’exigence d’une insertion professionnelle stable d’au moins cinq ans. Il ne suffira plus d’avoir un emploi, il faudra démontrer une stabilité dans le temps.

En parallèle, les ressources du demandeur seront examinées de près. Seules celles considérées comme « suffisantes et stables » seront acceptées, à l’exclusion des prestations sociales. Une façon, selon Bruno Retailleau, de valoriser l’autonomie économique des futurs naturalisés.

Un examen civique pour tester les valeurs républicaines

La circulaire, qui s’appuie sur la loi Darmanin adoptée fin 2023, introduit également un renforcement du niveau de français requis. Le niveau attendu sera plus élevé qu’auparavant, afin de garantir une bonne maîtrise de la langue.

S’y ajoute un examen civique obligatoire, censé vérifier l’adhésion du candidat aux principes fondamentaux de la République. Une mesure symbolique forte, dans une période où les questions d’identité et d’intégration sont au cœur du débat public.

« La naturalisation n’est pas un droit »

Attendu ce lundi à Créteil pour détailler le dispositif, Bruno Retailleau rappelle que la naturalisation relève d’une décision souveraine de l’État, et non d’un droit automatique.

« La jurisprudence est claire : il s’agit d’un acte de souveraineté », insiste le ministre.

Ce durcissement s’inscrit dans une politique migratoire plus large, qui a déjà vu en janvier la révision de la circulaire Valls sur la régularisation des sans-papiers. Une ligne de fermeté assumée.

Une hausse en 2024… pour combien de temps ?

Malgré ce tournant, les chiffres restent à la hausse. En 2024, 66 745 personnes ont acquis la nationalité française par décret ou déclaration, soit une augmentation de 8,3 % par rapport à l’année précédente. Une hausse que l’administration attribue au rattrapage d’une année 2023 perturbée par des problèmes techniques.

Reste à voir si cette tendance se maintiendra. Un premier bilan de l’application de la circulaire est prévu dans trois mois.

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