- Les relations entre Paris et Alger s’enveniment à nouveau.
- Après l’expulsion de nouveaux fonctionnaires français par l’Algérie, la France a réagi en convoquant le chargé d’affaires algérien et en annonçant des mesures de rétorsion.
- Ce nouvel épisode marque un tournant préoccupant dans une crise diplomatique qui ne cesse de s’aggraver.
Le climat reste électrique entre Paris et Alger. Alors que la relation bilatérale est gelée depuis plusieurs semaines, la France a réagi avec fermeté à une nouvelle vague d’expulsions de fonctionnaires français. Mardi 13 mai, le ministère français des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires algérien en poste à Paris pour lui faire part de sa « vive protestation ».
Dans la foulée, la France a décidé de répliquer. « Notre réponse est immédiate, ferme et proportionnée », a affirmé mercredi le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur le plateau de BFMTV. La mesure française ? Le renvoi en Algérie de tous les agents algériens titulaires d’un passeport diplomatique ne disposant pas de visa en règle.
Un bras de fer diplomatique
Dimanche dernier, l’Algérie avait à son tour convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger. Selon une dépêche de l’agence de presse APS, il lui a été notifié que plusieurs agents français, en mission temporaire sur le territoire algérien, devaient quitter le pays. Ces fonctionnaires, selon la version algérienne, auraient été nommés dans des « conditions irrégulières ».
Côté français, on parle d’une décision unilatérale et d’une entorse grave aux accords bilatéraux de 2013. « Les autorités algériennes ont modifié sans concertation les conditions d’accès au territoire pour nos agents titulaires de passeports officiels, diplomatiques ou de service », a dénoncé le Quai d’Orsay.
Accords bafoués selon Paris, dialogue rompu
Pour Jean-Noël Barrot, il ne fait aucun doute que ces expulsions « contreviennent aux accords qui régissent la relation entre nos deux pays ». Le chef de la diplomatie française déplore une attitude qu’il juge « nuisible, à la fois pour la France et pour l’Algérie ».
Depuis la mi-avril, les relations franco-algériennes sont à l’arrêt. Douze fonctionnaires français avaient déjà été expulsés par Alger à cette date, provoquant une mesure équivalente de la part de Paris. Une spirale de représailles diplomatiques qui ne montre pour l’instant aucun signe d’apaisement.
« Les Algériens ont souhaité renvoyer nos agents. Nous renvoyons les leurs », a résumé Jean-Noël Barrot, déterminé à faire respecter les règles de réciprocité diplomatique.
Si aucune des deux capitales ne semble prête à céder du terrain, la possibilité d’un dialogue apaisé semble, à ce stade, éloignée. Paris n’exclut pas de prendre d’autres mesures si la situation venait à s’aggraver.
Un nouveau bras de fer est engagé, dans un contexte où la coopération entre la France et l’Algérie — qu’il s’agisse de sécurité, de migrations ou d’économie — reste pourtant stratégique pour les deux rives de la Méditerranée.
