- Alors que les performances des élèves français en primaire continuent de décliner, la Cour des comptes tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
- Dans un rapport publié ce 20 mai, elle dénonce un système scolaire inadapté aux besoins des enfants, pointant du doigt l’organisation des rythmes scolaires et, en particulier, la semaine de quatre jours.
- Une critique sévère, à l’heure où le gouvernement s’apprête à lancer une convention citoyenne sur le temps de l’enfant.
La semaine de quatre jours est-elle en train de miner les performances scolaires des élèves français ? Dans un rapport publié ce mardi, la Cour des comptes dresse un constat sévère sur l’école primaire, qu’elle juge inadaptée aux besoins réels des enfants. Une critique qui relance le débat sur les rythmes scolaires, à quelques semaines du lancement de la convention citoyenne sur le « temps de l’enfant » annoncée par Emmanuel Macron.
Une hausse des dépenses, des résultats en baisse
Premier paradoxe soulevé par les magistrats financiers : malgré une hausse continue des dépenses allouées à l’école primaire au cours de la dernière décennie, le niveau des élèves poursuit sa trajectoire descendante. La Cour parle d’une « situation d’échec », et pointe un système qui « dépense plus sans améliorer les résultats ».
Le rapport souligne aussi que la France investit moins dans son enseignement élémentaire que bon nombre de ses voisins européens, ce qui contribuerait au déclin des performances scolaires observé depuis plusieurs années.
La semaine de quatre jours dans le viseur
La principale critique vise l’organisation du temps scolaire, et en particulier la semaine de quatre jours, redevenue largement majoritaire depuis 2017. Selon la Cour, cette organisation n’est « pas conçue en fonction des élèves », et méconnaît les apports de la chronobiologie de l’enfant – science qui étudie les rythmes naturels de l’organisme.
Issue d’une réforme initiée par l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, cette liberté laissée aux communes a conduit 85 % d’entre elles à abandonner la semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2018. Problème, selon le rapport : cette réforme a été « abandonnée sans avoir été évaluée, ni stabilisée dans le temps ».
Un choix à contre-courant des pratiques internationales : la Cour des comptes rappelle que le modèle dominant au sein de l’OCDE reste celui d’une semaine de cinq jours pleins, la semaine de quatre jours n’étant « en vigueur que dans l’enseignement primaire français ».
Un système trop centralisé
Outre les rythmes scolaires, l’institution critique également un pilotage trop vertical du système éducatif. Elle estime que les collectivités territoriales, pourtant en première ligne sur les questions périscolaires, sont insuffisamment impliquées. Elle pointe également une dépense publique croissante mais mal encadrée, qui rend l’action publique inefficace.
Vers une refonte du temps de l’enfant ?
Ce rapport intervient dans un contexte de réflexion plus large. Début mai, Emmanuel Macron a annoncé la tenue d’une convention citoyenne sur les temps de l’enfant, qui débutera le 20 juin prochain. Objectif affiché : aborder de manière globale les enjeux du temps scolaire, périscolaire, familial et éducatif.
Cette initiative pourrait ouvrir la voie à une nouvelle réforme des rythmes scolaires, dans un paysage éducatif marqué par les tâtonnements successifs et les retours en arrière.
