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mardi, mars 24, 2026
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Finances publiques : le FMI presse la France de faire des choix budgétaires « difficiles »

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  • Face à une trajectoire budgétaire préoccupante, le Fonds monétaire international somme la France de revoir sa copie.
  • Dans son rapport annuel, l’institution internationale appelle à des décisions courageuses pour restaurer les comptes publics, tout en écartant une solution basée sur de nouvelles hausses d’impôts.
  • Objectif : éviter que la dette ne s’envole et que la croissance ne s’essouffle.

    Le message est clair et sans détour. Dans son dernier rapport sur la situation budgétaire de la France, le Fonds monétaire international (FMI) appelle Paris à prendre des « décisions difficiles » pour restaurer ses finances publiques, tout en mettant en garde contre une hausse excessive des impôts.

Publié ce jeudi dans le cadre de la mission annuelle dite Article IV, ce rapport exhorte le gouvernement à privilégier une réduction des dépenses publiques plutôt qu’un alourdissement de la pression fiscale, déjà parmi les plus élevées d’Europe.

« La mise en œuvre de cette consolidation budgétaire substantielle nécessitera des mesures décisives pour garantir l’équité et la justice », écrit l’institution de Washington.

Un équilibre à trouver entre rigueur et relance

Selon le FMI, sans nouvelles actions significatives, le déficit public de la France se maintiendrait autour de 6 % du PIB, bien au-delà de l’objectif européen des 3 %. Pire encore : la dette continuerait de s’alourdir jusqu’en 2030. Une trajectoire qui contredit les engagements de l’exécutif français, lequel promet un retour sous les 3 % d’ici 2029.

Si des efforts ont été engagés, ils restent insuffisants. L’institution recommande un ajustement structurel de 1,1 % du PIB dès 2026, suivi d’un effort de 0,9 % par an en moyenne sur le moyen terme.

Trop d’impôts, un frein à la croissance

Le FMI met en garde contre une solution reposant uniquement sur les impôts. Avec un niveau de prélèvements obligatoires déjà très élevé, toute hausse supplémentaire pourrait « peser sur la confiance des entreprises, la consommation des ménages et le potentiel de croissance ». L’institution table d’ailleurs sur une croissance atone en 2025, limitée à 0,6 %.

Réduire les dépenses, une nécessité

Le FMI privilégie une piste : rationaliser la dépense publique. Il appelle à un effort conjoint de toutes les administrations — État, collectivités territoriales, sécurité sociale — pour renforcer l’efficacité de l’action publique.

La France affiche le plus fort ratio de dépenses publiques par rapport au PIB au sein de l’Union européenne. Une situation jugée intenable à moyen terme.

Interrogé par l’AFP, le ministre de l’Économie, Éric Lombard, a tenu à défendre la trajectoire budgétaire française : « Notre effort actuel de réduction du déficit et nos perspectives économiques sont crédibles », a-t-il déclaré.

« La maîtrise des finances publiques est notre priorité et notre boussole dans la construction du budget 2026. », a ajouté Éric Lombard

L’exécutif prévoit de présenter ses propositions d’économies d’ici le 14 juillet, avec un objectif affiché de 40 milliards d’euros de coupes budgétaires.

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