- Nouvelle escalade dans les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne : Donald Trump menace d’imposer des droits de douane punitifs à hauteur de 50 %.
- Une annonce qui a immédiatement fait plonger les Bourses européennes.
Dans un message publié ce vendredi sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a relancé les hostilités commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne en menaçant d’imposer 50 % de droits de douane sur les produits européens importés à partir du 1er juin 2025.
« Nos discussions avec eux ne mènent nulle part ! (…) C’est pourquoi je recommande d’imposer des droits de douane à 50 % à compter du 1er juin 2025« , a affirmé le président américain son son réseau social
Une déclaration qui tombe alors que les pourparlers entre les deux blocs sont au point mort. Trump, qui avait déjà temporairement suspendu une première vague de surtaxes en avril, a cette fois doublé la mise. Il dénonce des relations commerciales profondément déséquilibrées.
Des accusations virulentes contre l’Union européenne
Dans une tirade sans détour, le président américain a multiplié les attaques contre l’Union européenne, qu’il accuse d’avoir été conçue pour désavantager les États-Unis.
« Il est très difficile de traiter avec l’UE, qui a été créée en premier lieu pour profiter des États-Unis d’un point de vue commercial. », explique-t-il.
Donald Trump fustige également un ensemble de pratiques qu’il juge abusives. « Les barrières commerciales, la TVA, les sanctions ridicules contre les entreprises, les barrières non-douanières, les manipulations monétaires, les poursuites injustifiées et injustes contre des entreprises américaines » qui, selon lui, ont « conduit à un déficit commercial de plus de 250 millions de dollars par an, ce qui est totalement inacceptable ».
Ce n’est pas la première fois que Trump s’en prend à Bruxelles. Le 26 février dernier, il avait déjà déclaré : « J’aime les pays d’Europe », tout en affirmant que l’UE avait « été conçue pour emmerder les États-Unis. C’était l’objectif, et ils y sont parvenus. »
Un choc immédiat sur les marchés européens
L’annonce de Donald Trump a provoqué une onde de choc immédiate sur les marchés financiers européens. À Paris, le CAC 40 a chuté de plus de 3 % en cours de séance, plombé par les valeurs du luxe, particulièrement exposées au marché américain. Kering a enregistré une baisse de 3,90 %, clôturant à 168,90 euros, tandis qu’Hermès a reculé de 4,14 % pour atteindre 2.336,00 euros. LVMH a perdu 3,16 %, terminant à 469,95 euros.
Le groupe automobile Stellantis, lui aussi fortement implanté aux États-Unis, a enregistré la plus forte baisse parmi les valeurs vedettes, avec un repli de 4,74 % à 8,74 euros.
À la mi-journée, Francfort cédait 2,03 % et Milan 2,77 %, illustrant la nervosité des investisseurs face à une possible guerre commerciale transatlantique.
Bruxelles prépare la riposte
De son côté, l’Union européenne se dit prête à contre-attaquer. Le 8 mai, la Commission européenne a menacé d’imposer des droits de douane sur 95 milliards d’euros d’importations américaines si les négociations échouent.
Une consultation publique a été lancée sur une longue liste de produits américains : véhicules, avions, équipements électroniques, électroménagers, spiritueux, fruits, légumes et autres produits agroalimentaires.
Ces importations « pourraient faire l’objet de mesures de rétorsion » si les États-Unis mettent à exécution leurs menaces, précise un communiqué de Bruxelles.
Des négociations dans l’impasse
Malgré plusieurs réunions entre le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic et ses homologues américains, notamment Scott Bessent (Trésor), Howard Lutnick (Commerce) et Jamieson Greer (Commerce extérieur), aucun compromis n’a émergé.
Initialement, la Maison Blanche avait fixé une surtaxe de 20 %, avant de reculer face à la pression des marchés et de décréter une pause de 90 jours au-delà de 10 %, qui doit théoriquement s’achever début juillet.
En durcissant son ton à quelques jours de cette échéance, Donald Trump semble vouloir tester la fermeté de Bruxelles. Mais en menaçant des secteurs stratégiques – automobile, luxe, agriculture – le risque d’une escalade commerciale durable est désormais bien réel.
