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Paris, Londres et Ottawa appellent à une désescalade à Gaza, Netanyahou accuse l’Occident de « soutenir le Hamas »

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  • Après une déclaration commune d’Emmanuel Macron, Keir Starmer et Mark Carney dénonçant l’escalade militaire à Gaza, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a violemment répliqué.
  • Il accuse les dirigeants occidentaux d’encourager le Hamas et de vouloir affaiblir Israël. La France, de son côté, défend une diplomatie « constructive » en vue d’une solution politique au conflit.

   Dans une vidéo en anglais publiée jeudi soir, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a critiqué une déclaration conjointe émise lundi par Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer, et le Canadien Mark Carney. Une sortie diplomatique dénonçant l’intensification de l’offensive israélienne à Gaza, qui a profondément irrité le chef du gouvernement israélien.

 Netanyahou accuse : « Ils veulent qu’Israël baisse les bras »

 « Ils veulent qu’Israël baisse les bras et accepte que l’armée de meurtriers de masse du Hamas survive, se réorganise et recommence encore et encore le massacre du 7-Octobre », a affirmé Benyamin Netanyahou dans son allocution. Selon lui, les trois dirigeants occidentaux, loin d’être des acteurs de paix, encourageraient involontairement la poursuite des violences : « Ils pensent peut-être qu’ils font avancer la paix. Mais non. Ils sont en train d’encourager le Hamas à continuer de se battre pour toujours. »

Des propos fermes, en réponse directe à la déclaration franco-britanno-canadienne publiée en début de semaine.  « Nous nous opposons fermement à l’extension des opérations militaires israéliennes à Gaza. », déclaraient les trois chefs d’États, qui reconnaissaient toutefois « le droit d’Israël à se défendre contre le terrorisme » et appelaient le Hamas à « libérer immédiatement les otages ».

Mais leur constat était sans appel : « Le niveau de souffrance humaine dans la bande de Gaza est intolérable » et les actions israéliennes jugées « scandaleuses ».

Menace de sanctions  et une reconnaissance d’un État palestinien en jeu

La déclaration commune allait encore plus loin : « Si Israël ne met pas fin à la nouvelle offensive militaire et ne lève pas ses restrictions sur l’aide humanitaire, nous prendrons d’autres mesures concrètes en réponse. »

Macron, Starmer et Carney se disent également « déterminés à reconnaître un État palestinien ».

Netanyahou a vivement rejeté cette perspective. Il estime qu’une telle reconnaissance donnerait « l’espoir d’établir un deuxième État palestinien à partir duquel le Hamas cherchera une nouvelle fois à détruire l’État juif ».

 La France assume une posture « constructive »

Face aux critiques israéliennes, la France défend sa position. Interrogé vendredi sur franceinfo, le porte-parole du Quai d’Orsay, Christophe Lemoine, a affirmé : « La France n’est pas critique, la France est constructive. »

Jeudi, l’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, avait accusé Paris d’alimenter l’antisémitisme en raison de sa volonté de reconnaître un État palestinien. Une attaque frontale à laquelle Lemoine a répondu : « Ce sont des mots très violents, des mots outranciers. » Il a rappelé que la France avait « toujours condamné sans appel et fermement l’antisémitisme », notamment après « l’assassinat des deux diplomates israéliens » et « les massacres du 7-Octobre« .

 Vers une conférence internationale en juin

Le diplomate français a réaffirmé la volonté de Paris de pousser pour une issue politique, à l’occasion de la conférence internationale prévue à New York du 17 au 20 juin prochain.

« Il faut être constructif et essayer de trouver une issue à cette solution qui est absolument impossible sur le terrain », a-t-il expliqué.

Christophe Lemoine a dénoncé « une escalade de la part de l’armée israélienne » et jugé que « la situation des populations civiles est abominable ».

Il a appelé à un accès humanitaire « libre et massif » à Gaza, estimant que « la France essaye depuis le début de pousser pour une solution diplomatique pour la résolution du conflit ». Pour lui, « il n’y a pas de critique dans les propos français, il y a une attitude constructive pour aider à trouver une solution qui doit, de toute façon, être politique ».

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