40 milliards d’euros à économiser, une Sécurité sociale sous tension, et un modèle social à repenser : François Bayrou ouvre le débat sur un plan de redressement financier, avec l’ombre d’un retour de la TVA sociale.
Alors que la Cour des comptes a récemment tiré la sonnette d’alarme sur le creusement du déficit public, notamment celui de la Sécurité sociale estimé à 15,3 milliards d’euros, le Premier ministre François Bayrou s’est exprimé mardi sur BFMTV et RMC.
« Il serait une traîtrise qu’on en reste là », a martelé le chef du gouvernement, confirmant sa volonté de réaliser 40 milliards d’euros d’économies pour faire face à « une montagne de dettes ». Un effort qui, selon lui, devra être partagé par « tous les Français ».
Interrogé sur la méthode qu’il compte employer, François Bayrou a prôné la concertation et la participation citoyenne. « Jamais sans eux », a-t-il lancé, sans pour autant préciser les contours du plan. Il a néanmoins laissé entendre qu’un référendum sur les finances publiques pourrait être envisagé, bien que cette initiative relève de l’Élysée.
Sur le fond, le Premier ministre a rejeté l’idée de mesures ciblant des catégories spécifiques, notamment celle de la suppression de l’abattement de 10 % pour les retraités.
La TVA sociale en débat
Parmi les pistes évoquées figure le retour de la TVA sociale, un mécanisme instauré en 2012 par Nicolas Sarkozy puis abrogé par François Hollande. Cette mesure consisterait à compenser les baisses de cotisations sociales par une augmentation de la TVA.
« Le travail en France n’est pas récompensé comme il devrait l’être », a estimé François Bayrou, ajoutant : « Nous avons un problème de financement de notre modèle social ».
Le Premier ministre a appelé les partenaires sociaux à « s’emparer » du sujet, insistant sur l’urgence de repenser le financement du système.
Une levée de boucliers à gauche
La proposition a immédiatement suscité une levée de boucliers du côté de La France insoumise. Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, a qualifié la TVA sociale de « totalement inacceptable » sur franceinfo, estimant que « la TVA est l’impôt le plus injuste : pour les 10 % les plus riches, 5 % de leurs dépenses vont vers la TVA, pour les 10 % les plus pauvres, c’est 12 % de leurs dépenses », citant une étude de l’Insee de 2015.
« Nous serons radicalement contre », a prévenu le député des Bouches-du-Rhône, dénonçant une mesure qui « met à contribution davantage les plus pauvres ». Il a appelé à « une opposition ferme et radicale » et à une mobilisation massive si le gouvernement persiste dans cette voie.
Un débat relancé par Emmanuel Macron
Le chef de l’État avait déjà relancé le débat sur la TVA sociale mi-mai sur TF1, sans toutefois prononcer le terme. Il avait évoqué la nécessité de « réformer le modèle social en le faisant reposer moins sur le travail et davantage sur la consommation » et avait appelé à une conférence sociale sur le sujet.
Alors que François Bayrou promet de présenter en juillet un plan pluriannuel de redressement des finances publiques, les contours de ce plan restent flous. Une chose est sûre : le débat sur le financement du modèle social français est plus que jamais relancé.
