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Meurtre raciste à Puget-sur-Argens : le Parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire

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  • Le meurtre d’un homme tunisien et la blessure grave d’un autre homme turc à Puget-sur-Argens ont conduit le Parquet national antiterroriste (PNAT) à ouvrir une enquête sous le prisme du terrorisme.
  • L’assaillant, Christophe B., a diffusé des vidéos à caractère raciste et haineux, alimentant l’indignation et les appels à la justice.
  • Une première en France : la qualification d’un crime raciste d’ultra-droite comme acte terroriste.

   Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a repris l’enquête ouverte après le meurtre, samedi 31 mai, d’un homme de nationalité tunisienne, a-t-il indiqué lundi. Le suspect, Christophe B., âgé de 53 ans et adepte du tir sportif, a également grièvement blessé un autre homme, de nationalité turque, avant d’être interpellé par le GIGN.

« L’enquête a été ouverte pour assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, commis en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion », a précisé le parquet, qui mentionne également des chefs d’association de malfaiteurs terroriste.

Selon le procureur de la République de Draguignan, Pierre Couttenier, Christophe B. a diffusé « avant et après son passage à l’acte deux vidéos sur son compte d’un réseau social au contenu raciste et haineux », dans lesquelles il appelait à « tirer » sur des personnes maghrébines. Touchée par cinq balles, la victime tunisienne, âgée de 45 ans, est décédée sur place. La deuxième victime, un homme de 34 ans, a été blessée à la main et transportée à l’hôpital de Fréjus.

L’arrestation du suspect a été rendue possible grâce à l’alerte donnée par sa compagne, a indiqué le parquet. « Les militaires de la gendarmerie nationale ont fait appel au GIGN pour interpeller le suspect, qui avait pris la fuite en voiture. Plusieurs armes ont été retrouvées dans son véhicule, de type pistolet automatique, fusil à pompe et arme de poing », a détaillé le magistrat.

 Une onde de choc et des condamnations 

L’affaire a immédiatement suscité l’indignation et les réactions des associations et des responsables politiques. Dans un communiqué, SOS Racisme a fustigé un « double crime » et dénoncé « un travail minutieux mené par le camp du racisme et visant à rendre légitime l’expression du racisme en mots et en actes ».

« Le racisme a encore frappé dans notre pays. (…) Face à cette sinistre évolution, il est urgent que les responsables politiques et les médias cessent d’ignorer la parole antiraciste, quand ils ne travaillent pas à la marginaliser. », a souligné Dominique Sopo, son président

Et d’ajouter que «  La bataille de l’antiracisme a besoin que chacune et chacun s’y investisse. Sinon, nous sommes à la veille d’une bascule qui, en réalité, est déjà à l’œuvre ».

Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a parlé d’un « infâme meurtre raciste ». Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a exprimé sa « plus grande fermeté » et rappelé que « celles et ceux qui propagent la haine de l’autre ont du sang sur les mains ».

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a qualifié le drame de « crime insupportable » sur le réseau X. « L’enquête dira si le caractère raciste de ces actes est établi mais des vidéos publiées par l’auteur ne laissent aucun doute sur ce point. (…) Le racisme doit être sévèrement puni. Quand il conduit à cette sauvagerie, la réponse pénale doit être implacable », a-t-il écrit.

Une première enquête antiterroriste pour un crime d’ultra-droite

C’est la première fois en France que la justice antiterroriste se saisit d’un meurtre motivé par une idéologie d’ultra-droite. Cette affaire rappelle le meurtre islamophobe d’Aboubakar Cissé, poignardé il y a quelques semaines dans une mosquée du Gard, et relance le débat sur la montée des violences racistes et des discours de haine.

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