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Climat : L’Union européenne vise -90 % d’émissions de CO₂ d’ici 2040 avec des mesures de flexibilité

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  • Face à l’urgence climatique, l’Union européenne franchit une nouvelle étape en visant une réduction de 90 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040.
  • Une ambition assumée, malgré les tensions entre États membres, avec des mécanismes de flexibilité pour concilier transition écologique et réalités économiques.

   L’Union européenne durcit le ton dans la lutte contre le changement climatique. Mardi 2 juillet, la Commission européenne a dévoilé une nouvelle étape de son Pacte vert : une réduction de 90 % des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2040, par rapport au niveau de 1990. Une annonce forte, alors que l’UE s’est engagée en 2021 à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Cette proposition, présentée par Wopke Hoekstra, commissaire européen chargé du climat, marque une étape déterminante dans la politique environnementale de l’Union. Conscient des tensions politiques que suscite le sujet, il assume une approche mesurée : « La proposition fait preuve de pragmatisme, tant le sujet est politiquement sensible entre les Vingt-Sept ».

Un cap clair entre écologie et économie

À quelques mois de la COP30 qui se tiendra en novembre à Bélem, au Brésil, Bruxelles entend réaffirmer sa position de leader climatique mondial. Mais la Commission européenne insiste aussi sur la nécessité d’un équilibre entre ambitions écologiques et viabilité économique.

« Nous ne choisissons pas entre l’économie et l’agenda vert, nous choisissons les deux », a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission.

« L’Europe réaffirme son engagement en faveur d’une transition écologique équitable, ambitieuse et compétitive. »

Des mesures de flexibilité pour rassurer les États membres

Pour contourner les réticences, la Commission introduit plusieurs mécanismes de flexibilité destinés à adapter l’effort climatique aux réalités nationales.

À partir de 2036, les États membres pourront compenser jusqu’à 3 % de leurs émissions de GES en finançant des projets de réduction de CO₂ réalisés en dehors de l’Union européenne, par le biais de crédits carbone internationaux. Reboisement, centrales solaires ou autres projets bas-carbone pourraient ainsi être intégrés au bilan climatique européen.

Autre assouplissement prévu : l’intégration des absorptions naturelles de CO₂ – notamment via les forêts ou les sols – dans le marché carbone européen. Ce mécanisme vise à alléger la pression sur les industries les plus énergivores. Enfin, la proposition prévoit une plus grande souplesse entre les efforts de réduction des émissions et ceux d’absorption du carbone, permettant une meilleure répartition des efforts.

Une Europe divisée sur la trajectoire climatique

 Le texte sera examiné dans les semaines à venir par les ministres européens de l’Environnement, avec un vote attendu à la rentrée. L’objectif : obtenir un accord avant la COP30. Mais l’unité semble encore lointaine.

L’Allemagne a déjà affiché son soutien à la proposition, y compris à l’utilisation des 3 % de crédits internationaux, intégrée dans l’accord de coalition du gouvernement. La France, elle aussi favorable, plaide néanmoins pour la reconnaissance du nucléaire dans les efforts climatiques et compte défendre ses intérêts dans les négociations à venir.

À l’opposé, la Hongrie, la République tchèque et l’Italie jugent l’objectif trop ambitieux et devraient tenter d’en freiner l’adoption.

Vers une adoption avant la COP30

L’adoption de cet objectif intermédiaire serait une avancée majeure pour l’Europe, qui s’inscrirait dans la continuité des objectifs déjà établis : -55 % d’ici 2030 et neutralité carbone en 2050. Mais la route reste semée d’embûches, tant les divergences persistent entre États membres.

     Dans ce contexte, la Commission européenne mise sur un compromis entre ambition environnementale et flexibilité politique pour tenir son calendrier. Un pari risqué, mais nécessaire, si l’Union veut parler d’une seule voix face à l’urgence climatique.

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