- Sous pression géopolitique et face à une demande mondiale en hausse, l’Opep+ a annoncé une nouvelle augmentation de sa production pétrolière.
- Huit pays membres, dont l’Arabie saoudite et la Russie, injecteront 548.000 barils supplémentaires par jour dès août 2025, une décision stratégique pour rééquilibrer le marché et contenir les prix.
Face à la volatilité des prix et à la pression géopolitique, les membres de l’Opep+ ont décidé d’augmenter leur production dès le mois d’août. Huit pays porteront l’essentiel de cette hausse, marquant un tournant stratégique pour l’organisation.
Réunis ce samedi, les pays producteurs de pétrole membres de l’Opep+ ont convenu d’un nouvel ajustement à la hausse de leur production : 548.000 barils supplémentaires par jour (bpj) seront mis sur le marché à partir du mois d’août. Cette décision intervient dans un contexte tendu, alors que les prix du brut restent instables à la suite des attaques israélo-américaines contre l’Iran.
Une manœuvre stratégique après des mois de prudence
Depuis 2022, l’Opep+ – coalition qui regroupe l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés, dont la Russie – avait drastiquement réduit son offre pour soutenir les cours. Mais cette stratégie évolue. Sous l’effet conjugué de la remontée de la demande, de la pression exercée par les États-Unis, et de la volonté de défendre leurs parts de marché, les membres réajustent désormais leur politique de quotas.
Cette nouvelle augmentation vient s’ajouter à une série de hausses progressives décidées ces derniers mois : 138.000 bpj en avril, puis 411.000 bpj en mai, juin et juillet. À l’issue de la prochaine injection d’août, le groupe aura remis sur le marché près de 1,92 million de barils par jour, soit la quasi-totalité des 2,2 millions de bpj précédemment retirés.
Huit pays en première ligne
L’augmentation sera assurée par huit pays membres : Arabie saoudite, Russie, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, Irak, Kazakhstan et Algérie. Ces producteurs avaient initialement accepté de réduire leur production en avril dernier, mais certains, à l’instar du Kazakhstan et de l’Irak, ont récemment dépassé leurs objectifs, suscitant des tensions internes.
Les Émirats arabes unis, en particulier, bénéficieront d’une autorisation spéciale pour augmenter leur production de 300.000 bpj, un geste qui reflète leur poids croissant au sein du de l’alliance.
Un signal fort face aux producteurs rivaux
Cette décision s’inscrit également dans une logique de repositionnement stratégique. Confrontée à l’essor continu de la production américaine, l’Opep+ entend affirmer sa présence sur un marché devenu plus concurrentiel. Le groupe met aussi en avant la solide reprise économique mondiale et des stocks historiquement bas pour justifier cette libération accélérée de barils.
La suite se jouera début août
Les membres de l’Opep+ se retrouveront le 3 août prochain pour faire le point sur les effets de cette décision et ajuster, si nécessaire, le niveau de production pour la fin d’année. En parallèle, les réductions volontaires de 3,66 millions de bpj mises en place par certains membres restent en vigueur.
