- Malgré l’investiture officielle de Michel Barnier par Les Républicains, Rachida Dati a confirmé sa candidature à l’élection législative partielle dans la 2e circonscription de Paris.
- Une dissidence assumée qui ravive les tensions au sein du parti.
Rachida Dati n’a pas attendu le verdict de son parti. Ce lundi, la ministre de la Culture a annoncé, dans les colonnes du Parisien, qu’elle serait candidate « quoi qu’il arrive » à la législative partielle provoquée par l’invalidation de l’élection de Jean Laussucq, député Renaissance sortant.
Quelques heures plus tard, la commission nationale d’investiture (CNI) des Républicains choisissait de soutenir Michel Barnier, ancien Premier ministre, pour porter les couleurs du parti dans cette circonscription stratégique, qui englobe une partie du très conservateur 7e arrondissement de Paris – bastion de Rachida Dati depuis 2008.
Duel fratricide
Face à cette décision, l’ancienne garde des Sceaux ne décolère pas. Elle dénonce un « parachutage » de son rival dans un territoire qu’elle connaît mieux que quiconque.
« Cette élection ne peut servir qu’à porter les ambitions présidentielles de Michel Barnier« , tacle-t-elle.
Et de rappeler, en creux, ses propres objectifs : reconquérir la mairie de Paris en 2026, après un premier échec en 2020.
Dimanche soir, une tentative de médiation avait bien eu lieu entre les deux candidats, en présence du président de LR, Bruno Retailleau. Elle n’aura pas suffi à éteindre l’incendie. Le parti tente désormais de sauver les meubles : la CNI charge Agnès Evren, présidente de la fédération parisienne, d’ouvrir le dialogue avec Dati pour éviter une rupture ouverte.
Une stratégie à double tranchant
Dans un communiqué diffusé lundi soir, la CNI entérine l’investiture de Michel Barnier mais ménage Rachida Dati, estimant qu’elle est « la mieux placée pour incarner l’alternance » à l’Hôtel de Ville. Une manière de séparer les combats : les législatives pour Barnier, les municipales pour Dati.
Ce mardi matin, Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint de LR, s’efforce de minimiser la fracture. « Il n’y a pas de guerre« , assure-t-il sur BFMTV, tout en appelant à « ne pas confondre les élections« .
Pour lui, deux trajectoires se dessinent : Barnier à l’Assemblée, Dati à la mairie. Mais sur le terrain, la ligne est floue. Et les conséquences pourraient être lourdes. Une division des voix à droite ouvrirait un boulevard à la gauche ou au camp présidentiel, dans une circonscription que François Fillon avait jadis remportée, et que beaucoup au sein de LR considèrent comme imprenable.
Un contexte électoral sous tension
En 2024, Jean Laussucq, ancien collaborateur de Dati, avait remporté l’élection dans une configuration exceptionnelle : en retraitant face à la candidate de gauche Marine Rosset, le député sortant macroniste Gilles Le Gendre avait laissé le champ libre à Laussucq. Son invalidation par le Conseil constitutionnel, le 11 juillet dernier, a ravivé les tensions et relancé la machine électorale.
Les candidatures doivent être déposées dans les semaines à venir. Mais sauf retournement de situation, Les Républicains s’acheminent vers une campagne à deux voix. Et un vote qui pourrait bien faire date.
