- Le gouvernement Bayrou prépare un budget 2025 qui fait déjà grincer des dents : suppression de jours fériés, révision de l’assurance chômage, hausse des franchises médicales…
- Les syndicats se mobilisent, l’opinion rejette, et la rentrée s’annonce électrique.
Suppression de jours fériés, révision anticipée de l’assurance chômage, hausse des franchises médicales… Le projet de loi de finances 2025 du gouvernement Bayrou s’annonce comme un catalyseur de tensions sociales. Les syndicats haussent le ton, l’opinion publique rejette massivement les mesures, et la rentrée pourrait se transformer en bras de fer social.
Jours fériés : une « main tendue » qui ne prend pas`
Le document d’orientation transmis aux partenaires sociaux est clair : le projet de budget prévoit bien la suppression de jours fériés. Les syndicats ont jusqu’au 30 septembre pour se prononcer sur les dates concernées. Une ouverture ? Pas vraiment.
« La CFTC ne va pas participer à ce débat », a tranché son président Cyril Chabanier sur BFMTV, dimanche 10 août. Pour lui, l’impact économique serait contre-productif : « en raison des pertes liées à la baisse de la consommation ». Il dénonce aussi « l’angle d’attaque » du gouvernement, estimant que les efforts devraient porter sur « l’augmentation du taux d’activité des moins de 25 ans et des plus de 55 ans, actuellement en dessous de la moyenne ».
« Le problème central n’est pas de faire travailler davantage des personnes qui ont déjà un emploi », a-t-il martelé
À la CGT, le ton est tout aussi ferme. Lundi 11 août sur BFMTV, Denis Gravouil prévient : « Il n’y a que des perdants parmi les salariés. (…) Que ce soit ces deux jours-là ou d’autres, c’est le principe même de la suppression de deux jours de repos qui est scandaleux. »
Assurance chômage : « aucune justification légale »
La suppression de jours fériés n’est pas le seul sujet de discorde. Dans une lettre de cadrage datée du 8 août, le Premier ministre demande aux partenaires sociaux de réviser l’accord sur l’assurance chômage d’ici le 15 novembre. Objectif : 2 à 2,5 milliardsd’euros d’économies par an entre 2026 et 2029, puis 4 milliards à partir de 2030.
Problème : le précédent accord, signé à l’automne 2024 et entré en vigueur en avril, avait déjà permis de dégager 2,3 milliardsd’euros d’économies sur quatre ans, selon l’Unédic. L’intersyndicale, dans un communiqué publié le 9 août, dénonce une démarche infondée :
« Sept mois après, les prévisions économiques sont sensiblement identiques. Il n’y a donc aucune justification légale à exiger une nouvelle négociation. »
Franchises médicales : une « mesure injuste et brutale »
Le monde de la santé est également sur le pied de guerre. Le 8 août, la CGT a vivement critiqué l’augmentation des franchises médicales, après que trois projets de décrets ont été transmis à la Caisse nationale d’assurance maladie. Le syndicat parle d’une « mesure injuste, brutale, et profondément antisociale, qui confirme une fois de plus que le redressement du pays se fera (…) sur le dos des plus fragiles ».
En réaction, la CGT, FO, CFTC et UNSA préparent des assemblées générales dans l’optique d’une grève unie de toute l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
L’intersyndicale relancée
Deux ans après la réforme des retraites, le budget 2025 ressuscite l’intersyndicale. Le 22 juillet, CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Solidaires et FSU ont lancé une pétition commune contre les mesures envisagées. Trois semaines plus tard, elle comptait déjà 316 000 signatures.
Réunis en septembre, les syndicats décideront de la riposte. « Tout est sur la table », indique leur communiqué commun. Cyril Chabanier laisse entendre la suite : « Il y a quand même de fortes chances qu’une journée de mobilisation soit prévue. »
Selon un sondage Ifop pour LCI, 72 % des Français jugent « inéquitables » les efforts réclamés par le gouvernement. Un constat que François Bayrou refuse « d’entendre », selon ses propres mots. Mais avec des syndicats unis, une opinion publique hostile et un climat social déjà tendu, tous les ingrédients semblent réunis pour un automne où la marmite sociale pourrait déborder.
