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mardi, mars 24, 2026
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Patrick Martin (Medef) met en garde contre « un climat d’incertitude » qui menace l’économie française

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  • Le président du Medef, Patrick Martin, met en garde contre les conséquences de la surtaxe exceptionnelle et d’un climat politique instable.
  • Selon lui, « ça suffit, on ne joue pas avec l’économie », alors que les investissements reculent depuis trois ans et que la confiance des entreprises s’effrite.

   Le président du Medef, Patrick Martin, a exprimé ce mercredi sur Franceinfo ses inquiétudes face à la fragilité politique actuelle en France et à ses conséquences sur les entreprises. Alors que la démission du Premier ministre est évoquée et que la majorité parlementaire est affaiblie, le patron des patrons appelle à la responsabilité et dénonce des décisions qui pourraient peser lourdement sur l’investissement.

 « Tout est possible, mais tout se paye » : une surtaxe jugée dangereuse

Patrick Martin a particulièrement critiqué la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes et moyennes entreprises. « Tout est possible, mais tout se paye, car elle est déjà très lourde et très dissuasive », a-t-il averti.

Le patron des patrons souligne que près de la moitié des capitaux des entreprises concernées sont détenus par des investisseurs étrangers. Une situation qui, selon lui, pourrait entraîner « un désintérêt des investisseurs et une baisse des investissements, si les entreprises françaises sont moins performantes parce que surtaxées ».

Il rappelle par ailleurs que « le pire dans tout ça, c’est l’investissement, qui baisse en France depuis trois ans. On est en train de décrocher ».

Une instabilité politique jugée « désolante »

La décision de François Bayrou de demander un vote de confiance le 8 septembre constitue, selon Patrick Martin, un risque supplémentaire pour la stabilité économique.

 « Le pari du Premier ministre, même s’il a le mérite d’appeler un chat un chat, surajoute dans l’esprit des entrepreneurs à ce climat d’incertitude qui n’est pas bon pour l’économie », a-t-il expliqué.

Le président du Medef ne cache pas son agacement face à la situation actuelle : « Ça suffit, on ne joue pas avec l’économie », a-t-il lancé, ajoutant que « la tonalité n’était déjà pas très joyeuse », avec une croissance « atone » et un marché de l’emploi « en train de se retourner ».

« On ne peut pas faire une croix jusqu’en 2027 »

Alors que certains évoquent une « pause » économique jusqu’à la prochaine élection présidentielle, Patrick Martin réfute cette hypothèse. « On ne peut pas faire une croix jusqu’en 2027, personne ne peut garantir que nous aurons une solution politique », insiste-t-il.

Pour lui, l’immobilisme serait fatal : « Si on reste inerte, au moins relativement, on régressera. La compétition économique internationale est à peu près aussi rude que la compétition géopolitique ».

Sur le mouvement « Bloquons tout » : « Ça peut déborder »

Le patron du Medef s’est également exprimé sur le mouvement « Bloquons tout », prévu le 10 septembre. « Le vrai sujet, ce n’est pas de bloquer le pays, c’est de débloquer le pays », a-t-il déclaré, tout en mettant en garde : « Ça peut déborder ».

 Il assure ne pas se sentir directement visé par ce mouvement, qu’il analyse comme « l’expression d’une forme de frustration, mais pas tellement sur le plan social, plutôt sur le plan politique et sociétal ».

« Rajouter du chaos au chaos » : Patrick Martin met en garde contre une démission de Macron

Enfin, le dirigeant du Medef a rejeté l’idée d’une démission d’Emmanuel Macron, réclamée par certains opposants. « Ce serait rajouter du chaos au chaos. Ce serait irresponsable, ça ne réglerait rien », estime-t-il.

À la place, Patrick Martin réclame « des socles, des points d’ancrage dans cette confusion ambiante », jugeant que « depuis bientôt trois ans, les entreprises sous-investissent parce qu’on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés ».

Un appel à la responsabilité

 En conclusion, Patrick Martin a insisté : « Je lance un appel à la responsabilité. Bien sûr, il y a des échéances électorales, mais la situation est assez critique ». Pour le patron du Medef, l’urgence est claire : restaurer la confiance, éviter le chaos politique et redonner un cap aux entreprises françaises.

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