- La mobilisation nationale des taxis prévue le 5 septembre contre la réforme des tarifs du transport sanitaire est ajournée.
- Les fédérations préviennent toutefois : « Il ne s’agit en aucun cas d’un abandon ».
La grande mobilisation nationale des taxis prévue le vendredi 5 septembre n’aura finalement pas lieu. Les fédérations professionnelles ont décidé de reporter leur action après l’annonce du Premier ministre, qui doit demander la confiance du Parlement le lundi 8 septembre.
Dans un communiqué, elles préviennent toutefois : « Attention : il ne s’agit pas d’un abandon ! Nos revendications demeurent intactes et la profession doit rester mobilisée et prête à agir dès que la situation sera clarifiée. »
L’intersyndicale précise : « Si le gouvernement est confirmé, nous reprendrons immédiatement le dialogue et les actions prévues ; si un nouvel exécutif est nommé, nous agirons avec la même détermination pour que notre dossier soit placé en priorité dans l’agenda du futur gouvernement. »
Une démonstration de force attendue
Initialement, les taxis avaient prévu une mobilisation d’ampleur pour « mettre le pays à l’arrêt », selon les mots de Dominique Buisson, secrétaire général de la Fédération nationale du taxi (FNDT).
Les actions devaient cibler les gares, ports, aéroports, terminaux pétroliers en région et les Champs-Élysées à Paris.
Mais, les fédérations estiment que « tant que l’incertitude demeure sur le maintien ou la chute du gouvernement, il n’existe aucune garantie d’avoir un interlocuteur légitime capable de prendre des engagements. Lancer une mobilisation dans ce contexte reviendrait à gaspiller une énergie précieuse. »
Une réforme sous le feu des critiques
Prévue pour entrer en vigueur en octobre, la réforme vise à réduire la facture des transports sanitaires pour l’Assurance maladie, dont les dépenses ne cessent de grimper. En 2024, elles atteignent 6,7 milliards d’euros, soit 7 % de plus qu’en 2023 et 2,1 milliards supplémentaires en dix ans.
La nouvelle convention instaure un forfait national harmonisé, légèrement revalorisé, mais entend aussi limiter les retours à vide des chauffeurs après avoir déposé un patient, jugés trop coûteux.
Des conséquences économiques redoutées
Pour la FNDT, cette réforme menace l’équilibre économique de nombreux professionnels. L’organisation estime que les pertes pourraient atteindre jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires.
De son côté, l’Assurance maladie défend la mesure, affirmant qu’elle bénéficiera à la majorité des taxis tout en permettant de réaliser environ 150 millions d’euros d’économies dès la première année d’application.
Un secteur en pleine tension
Le transport sanitaire représente désormais près de la moitié des dépenses totales dans ce domaine, contre moins de 20 % au début des années 2000. Une évolution que Dominique Buisson attribue notamment à l’augmentation du nombre de rendez-vous médicaux et à l’éloignement croissant des centres de soins : « Les patients ont plus de rendez-vous et doivent souvent se rendre de plus en plus loin. »
