EDF signe avec Data4 le premier contrat nucléaire dédié aux data centers en France : un CAPN de 12 ans qui allouera 40 MW dès 2026, pour des coûts d’électricité stables et bas carbone dans un secteur dopé par l’essor de l’IA
EDF a annoncé la signature d’un contrat d’allocation de production nucléaire (CAPN) avec Data4, opérateur français de centres de données. Cet accord, une première dans le secteur en France, garantit à partir de 2026 l’allocation d’une quote-part de 40 MW de la puissance du parc nucléaire d’EDF pendant douze ans.
Selon EDF, ce partenariat « assure à Data4 une stabilité et une prévisibilité de ses coûts énergétiques sur le long terme », un enjeu devenu central pour les acteurs du numérique soumis à la volatilité des marchés de gros.
« Associé à des contrats d’achat d’électricité renouvelable, il nous garantit un accès fiable, résilient et continu à une énergie bas carbone pour un coût maîtrisé », commente François Stérin, directeur des opérations de Data4, qui y voit un avantage compétitif pour ses clients et l’extension de ses infrastructures.
Après l’Arenh, la nouvelle donne commerciale d’EDF
Le CAPN s’inscrit dans la stratégie qu’EDF déploie à l’approche de l’extinction de l’Arenh fin 2025 — mécanisme qui permettait aux industriels d’accéder à une part de production nucléaire à 42 €/MWh. L’énergéticien public remplace ce cadre par des contrats de moyen et long terme aux prix stables, reflétant les coûts de production plutôt que les à-coups du marché, et réservés à ses plus grands clients.
Data centers : des besoins colossaux dopés par l’IA
Les opérateurs de centres de données, électro-intensifs par nature, voient leurs besoins grimper avec l’essor de l’intelligence artificielle et du cloud. En France, l’électricité nucléaire — disponible et bas carbone — devient un argument d’attractivité pour accueillir ces investissements tout en réduisant les émissions du secteur.
EDF revendique 15 lettres d’intention sur des CAPN et quatre contrats fermes, dont Lafarge France et désormais Data4. Pour l’électricien, ces engagements sécurisent des recettes sur la durée et répondent aux objectifs de compétitivité industrielle fixés par l’exécutif, tout en capitalisant sur un parc nucléaire d’environ 60 000 MW de puissance installée.
Le Contrat d’Allocation de Production Nucléaire permet à EDF d’allouer une quote-part de puissance de son parc à un client pendant une période longue. À la clé : volumes sécurisés et prix prévisibles sur la durée, en échange d’un engagement contractuel.
