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Google condamné à 2,95 milliards d’euros par l’UE pour abus de position dominante dans l’adtech

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  • Bruxelles frappe Google d’une amende record de 2,95 milliards d’euros pour l’autopréférence de sa place de marché publicitaire AdX.
  • Le géant a 60 jours pour se mettre en conformité, sous la menace de remèdes structurels « jusqu’à la vente d’une partie de l’adtech ».
  • Google juge la décision « injustifiée » et annonce un appel, tandis que Donald Trump dénonce une sanction « très injuste » et évoque l’article 301—un test majeur pour l’équilibre du marché publicitaire et les relations UE–États-Unis.

   La Commission européenne a infligé vendredi une amende record de 2,95 milliards d’euros à Google pour s’être auto-référencé via sa plateforme publicitaire AdX. Le groupe dispose de 60 jours pour mettre fin à ces pratiques jugées anticoncurrentielles—faute de quoi Bruxelles menace de mesures correctives lourdes. Google conteste et annonce un appel, tandis que Washington hausse le ton.

Ce que Bruxelles reproche à Google

Au cœur du dossier, l’exécutif européen accuse Google d’avoir favorisé sa propre bourse d’échange d’annonces AdX en s’appuyant sur la domination de son serveur d’annonces pour éditeurs et de ses outils d’achat. La procédure formelle, ouverte en juin 2021, débouche sur une quatrième sanction de plusieurs milliards d’euros contre le géant américain depuis 2017. « Google doit maintenant proposer une solution sérieuse pour résoudre ses conflits d’intérêts et, s’il ne le fait pas, nous n’hésiterons pas à imposer des mesures correctives sévères », a déclaré Teresa Ribera, commissaire européenne chargée de la concurrence.

Et d’ajouter : « Les marchés numériques existent pour servir les gens et doivent être fondés sur la confiance et l’équité. »

Dans le même esprit, la commissaire estime que « à ce stade, il semble que le seul moyen pour Google de mettre fin efficacement à son conflit d’intérêts soit une mesure corrective structurelle, telle que la vente d’une partie de son activité adtech ».

La riposte de Google

Le groupe rejette les griefs et dénonce une décision « injustifiée ». Pour Lee-Anne Mulholland, vice-présidente de l’entreprise, « les changements requis porteront préjudice à des milliers d’entreprises européennes en leur rendant la tâche plus difficile pour gagner de l’argent ». Google a annoncé son intention de faire appel.

60 jours pour se conformer

Google doit présenter rapidement des engagements crédibles afin d’éliminer les conflits d’intérêts au sein de sa chaîne publicitaire (serveur éditeur, place de marché, achat média). À défaut, Bruxelles laisse planer la menace de remèdes structurels, jusqu’à une cession d’actifs.

Cette sanction s’inscrit dans un bras de fer amorcé en 2017 et illustre la volonté de l’UE d’encadrer les grandes plateformes, sur fond d’effets de réseau et d’asymétries de données qui pèsent sur la concurrence et la monétisation des éditeurs.

Tensions transatlantiques ravivées

La décision européenne intervient alors que les relations commerciales avec Washington restent électriques. Le président américain Donald Trump a fustigé une amende « très injuste », prévenant que son « administration ne permettra pas que ces actions discriminatoires soient maintenues ». Il a ajouté qu’il « sera contraint de lancer une procédure au titre de l’article 301 pour annuler les pénalités injustes imposées à ces entreprises américaines qui paient des impôts » et a assuré : « Je m’adresserai à l’Union européenne. »

Dans le même temps, l’UE et les États-Unis tentent de mettre en œuvre un accord commercial prévoyant un plafonnement à 15 %d’une large partie des droits de douane américains sur les importations européennes, tandis que le dossier automobile—avec des droits encore à 27,5 %—reste en suspens. Des exemptions sont toujours négociées et le texte doit encore franchir l’examen des députés européens et des États membres.

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