- Huit jours après “Bloquons tout”, l’intersyndicale remet la pression.
- Des perturbations majeures sont attendues dans les transports, l’Éducation nationale, les pharmacies, les cabinets de kinés et l’énergie.
Depuis la fin août, une intersyndicale large (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, Solidaires) appelle à une journée de grève et de manifestations contre les mesures d’économies budgétaires proposées par François Bayrou, alors que le gouvernement est tombé entre-temps.
Le 10 septembre, la journée citoyenne “Bloquons tout” a servi de répétition générale. “Le dynamisme des rassemblements et manifestations intersyndicales donne un élan vers la grève du 18 septembre”, salue Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, qui dit avoir retrouvé “des collègues déterminés”.
“La date du 18 septembre est dans toutes les têtes (…) La mobilisation des professeurs sera importante”, prévient-elle.
Transports : SNCF et RATP en pointe, l’aérien temporise
Le ministre des Transports démissionnaire, Philippe Tabarot, a donné le ton sur franceinfo : le 18 septembre sera “très probablement une journée noire”. Il a rappelé que des préavis “peuvent être déposés jusqu’à 48 heures avant”, ce qui laisse planer une incertitude jusqu’à la dernière minute.
SNCF : front syndical et revendications salariales
Quatre organisations – CGT-Cheminots, Unsa ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots – appellent à la grève pour faire “reculer le pouvoir” sur les propositions budgétaires formulées avant la chute de l’exécutif. Les syndicats réclament de “stopper les processus de mise en concurrence”, de “garantir l’avenir et le développement du fret public” et des “augmentations salariales”, selon un communiqué commun.
RATP : appel à une “mobilisation massive”
À la RATP, les quatre principaux syndicats (CGT, FO, Unsa Mobilité, CFE-CGC) appellent à une mobilisation massive et rappellent que leurs forces représentent 90 % des agents. La Base, majoritaire chez les conducteurs de RER, ne s’est pas positionnée pour le 18 septembre, après avoir soutenu “Bloquons tout”.
Aérien : grève des contrôleurs reportée, tensions persistantes
Le SNCTA, principal syndicat des contrôleurs aériens, a reporté sa grève prévue jeudi, faute d’interlocuteur au gouvernement pour faire aboutir ses revendications, mais entend poursuivre le mouvement du 7 au 9 octobre. Le SNPL (pilotes) n’a pas appelé à la grève. En revanche, FO, premier syndicat chez Air France, appelle à la mobilisation, tout comme la CFDT du groupe.
Éducation nationale : la colère budgétaire ne retombe pas
Une majorité de syndicats (FSU, UNSA Éducation, FNEC FP FO, CFDT Éducation-Recherche, CGT Éduc’action, SUD Éducation) soutiennent la mobilisation. “Les annonces de François Bayrou sur le budget 2026 ont suscité une grande colère. Elle ne retombera pas avec la démission du gouvernement”, préviennent-ils dans un communiqué commun, dénonçant des choix budgétaires “à rebours des besoins de l’Éducation nationale et des services publics” depuis 2017.
Pharmacies : vers des fermetures quasi généralisées
L’intersyndicale des officinaux (Uspo, FSPF, UNPF, Federgy, UDGPO) appelle à une journée nationale de fermeture pour dénoncer la baisse de rémunération sur les génériques. Selon l’Uspo, la mobilisation s’annonce “bien suivie” avec “près de 98 % de pharmacies sondées récemment qui déclarent fermer leur pharmacie”. Les professionnels avaient jusqu’au 11 septembre pour se déclarer grévistes auprès de leur ARS ; les préfets pourront procéder, si nécessaire, à des réquisitions pour assurer un service minimum.
Kinés : cabinets fermés hors urgences
Le FFMKR rejoint la grève nationale et propose de fermer les cabinets “hors urgences vitales et continuité des soins complexes planifiés”. Objectifs avancés : “obtenir des mesures immédiates sur le pouvoir d’achat”, “mettre la kinésithérapie au rang des priorités publiques” et “confirmer la cohésion de la profession dans la durée”.
Énergie : grève reconduite jusqu’au 18 septembre
À l’appel de la CGT, les salariés de l’électricité et du gaz, en grève depuis le 4 septembre, entendent poursuivre leur mouvement. Le syndicat réclame notamment l’alignement sur le Smic du premier échelon – actuellement “inférieur de 9 % au salaire minimum” –, la revalorisation des indemnités d’astreinte et une baisse de la TVA sur les factures d’énergie de 20 % à 5,5 %.
Ce qu’il faut anticiper le 18 septembre
- Trains, RER, métro, bus : offre réduite, fréquences allégées, lignes fermées ponctuellement.
- Écoles, collèges, lycées : accueil modulé selon les établissements ; surveillez les messages de votre direction.
- Pharmacies : nombreuses officines fermées ; des réquisitions garantiront l’accès aux traitements urgents.
- Kinés : rendez-vous reportés hors urgences.
- Énergie : pas de coupures programmées annoncées, mais actions ciblées possibles.
