- Bosch serre la vis dans l’auto : l’équipementier élargit sa restructuration et vise 2,5 milliards d’euros d’économies par an pour sa division Mobilité.
- Au programme : suppressions de postes, gains de productivité dopés à l’IA et une croissance 2025 attendue sous les 2 % — signe d’un marché européen sous pression
L’équipementier allemand Bosch a annoncé mardi l’élargissement de son plan de restructuration dans l’automobile. Objectif : économiser 2,5 milliards d’euros par an au sein de la division Mobilité. Le groupe invoque des conditions de marché « encore plus difficiles », des retards sur l’électromobilité et la conduite automatisée, ainsi que des « pressions très élevées sur les prix » dans une industrie mondiale ultra-concurrentielle.
« Tout cela se traduit par un écart de coûts annuel d’environ 2,5 milliards d’euros », explique l’entreprise, qu’il faut combler « le plus rapidement possible ».
Surcapacités et emplois : des mesures « prochainement »
La baisse de la demande en Europe a généré des surcapacités et une réduction corrélative de la demande en personnel. Bosch indique qu’il présentera prochainement des propositions de mesures aux représentants du personnel, susceptibles d’inclure de nouvelles suppressions de postes.
Le groupe ne précise pas les sites concernés, mais l’Allemagne est particulièrement visée en raison du niveau des coûts de main-d’œuvre et de la faiblesse du marché européen.
L’Allemagne en première ligne d’un ajustement de long terme
Cette annonce s’inscrit dans la continuité des ajustements déjà engagés. Cet été, Bosch a prévenu qu’il pourrait supprimer jusqu’à 1 100 emplois supplémentaires d’ici 2029 en Allemagne dans la division Mobilité, s’ajoutant aux 7 000 postes supprimés dans le monde tous secteurs confondus l’an dernier. Au total, le groupe emploie 418 000 personnes à travers le globe.
Miser sur la productivité et l’intelligence artificielle
Pour réduire ses coûts, l’équipementier entend accélérer les gains de productivité, notamment via l’intelligence artificielle appliquée aux procédés industriels, à la R&D et à la chaîne d’approvisionnement. L’enjeu : faire plus avec moins, sans compromettre la feuille de route technologique dans les systèmes électriques, logiciels et de conduite avancée.
Bosch prévient que la division Mobilité devrait croître de moins de 2 % en 2025, « bien en dessous des attentes ». Une prudence qui reflète les vents contraires du secteur : repli de la demande mondiale, hausse des coûts, concurrence chinoise accrue, et durcissement des droits de douane américains. Autant de facteurs qui obligent les constructeurs et leurs fournisseurs à réviser leurs plans d’investissement et à réallouer leurs capacités.
Un secteur à la recherche d’un nouveau point d’équilibre
Au-delà de Bosch, l’automobile européenne traverse une phase de transition délicate. La montée en puissance de l’électromobilité et des fonctions d’automatisation ne compense pas encore la faiblesse de la demande sur les modèles thermiques, créant des décalages de volumes et des coûts de transition significatifs. Dans ce contexte, les plans d’efficacité et les réorganisations industrielles se multiplient de part et d’autre du Rhin.
