- Pour que l’ajustement des finances publiques soit « ressenti comme juste », le gouverneur de la Banque de France se dit favorable à des mesures « ciblées et exceptionnelles » dès 2026.
- La Banque de France rehausse par ailleurs sa prévision de croissance 2025 à 0,7 %.
Dans un entretien au Parisien, François Villeroy de Galhau ouvre la porte à des leviers temporaires tournés vers les plus fortunés. « Je crois qu’il ne faut pas exclure certaines mesures fiscales ciblées et exceptionnelles », affirme-t-il, avant de préciser :
« Pour citer un exemple, des mesures anti-optimisation fiscale sur les hauts patrimoines seraient justifiées. »
L’objectif, dit-il, est que l’effort de redressement soit « ressenti comme juste ». Le canevas budgétaire présenté en juillet par François Bayrou « peut être amélioré », ajoute-t-il.
Déficit : cap sur 3 % du PIB en 2029
Le gouverneur insiste sur l’urgence de traiter un problème budgétaire « aggravé » par la crise politique, avec une trajectoire visant un retour du déficit public à 3 % du PIB en 2029. Dans le partage des efforts, il plaide pour trois quarts sur les dépenses et, «sans exclure certaines mesures fiscales ciblées et exceptionnelles, jusqu’à un quart de l’effort total ». Ces mesures, temporaires par nature, seraient appelées à s’éteindre une fois le seuil des 3 % repassé.
Le message se veut clair : l’éventuel tour de vis ne viserait ni les classes moyennes ni les PME. Il s’agirait d’attaquer en priorité les mécanismes d’optimisation propres aux très hauts patrimoines, sans pénaliser le tissu productif.
Interrogé sur la proposition dite taxe Zucman sur les très hauts patrimoines, défendue par les socialistes et débattue dans le cadre du prochain budget, Villeroy de Galhau met en garde contre les mirages fiscaux :« La vérité, c’est qu’il n’y a jamais d’impôt indolore, ni d’impôt magique qui rapporterait énormément en France alors qu’il ne s’applique pas chez nos concurrents. »
Croissance 2025 relevée à 0,7 %, prudence pour 2026-2027
Malgré un ralentissement après 2024 (+ 1,1 %), l’économie française « continue de résister ». La Banque de France relève à 0,7 % sa prévision de croissance pour 2025 (contre 0,6 % auparavant) et anticipe un renforcement graduel de l’activité en 2026 et 2027, tout en abaissant ses projections respectives à 0,9 % et 1,1 % (-0,1 pt) en raison d’un « contexte national plus incertain ».
À l’instabilité interne s’ajoute un environnement extérieur moins porteur : euro plus fort pénalisant la compétitivité, demande externe affaiblie, prix du pétrole plus élevé.
