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mercredi, février 18, 2026
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Sophie Binet (CGT) à Matignon : « Lecornu parle de rupture » mais « ne pose aucun acte »

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  • La patronne de la CGT dénonce une « rupture sans actes » et prévient qu’« aucune garantie » n’a été donnée sur l’assurance-chômage.
  • Elle fustige aussi la suppression de 3 000 postes et la hausse des franchises médicales, tout en réclamant des réponses immédiates.

   À l’issue d’un entretien à Matignon ce lundi, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, accuse le Premier ministre Sébastien Lecornu de revendiquer la « rupture » sans la traduire en décisions. Elle réclame en priorité l’abrogation de la réforme des retraites et met en garde contre de nouvelles offensives sur l’assurance-chômage.

« Des actes de rupture forts et immédiats »

« Le Premier ministre, à ce stade, parle de rupture » mais « ne pose aucun acte de rupture », déplore d’emblée Sophie Binet. Face au nouveau locataire de Matignon, la dirigeante syndicale dit avoir insisté :

« Je lui ai dit que s’il ne voulait pas rejoindre le cimetière des Premiers ministres qui déborde déjà il fallait qu’il affiche et qu’il prenne des actes de rupture forts et immédiats et la première rupture c’est l’abrogation de la réforme des retraites. »

Pour la numéro un de la CGT, l’adoption de cette réforme constitue une « blessure démocratique et sociale qui ne passe pas et qui est à l’origine de la situation d’instabilité politique actuelle ». Mais, ajoute-t-elle, elle a « senti que le Premier ministre n’était absolument pas déterminé à agir » sur le recul de l’âge légal à 64 ans.

Assurance-chômage, fonction publique, santé : les autres foyers de colère

Sur le front de l’emploi, la syndicaliste dit n’avoir obtenu « aucune garantie qu’il n’y ait pas de nouvelle réforme de l’assurance chômage ». Elle cite également, parmi les signaux d’alarme pour la CGT, « la suppression des 3.000 postes de fonctionnaires » et « l’augmentation des franchises médicales », autant de terrains où elle « attend des ruptures ».

Dans la lignée de ses revendications budgétaires, Sophie Binet précise : « Je lui ai dit qu’il fallait enterrer le musée des horreurs du budget Bayrou. » Et d’asséner sur la méthode : « Le Premier ministre a écouté, le problème c’est qu’on n’a pas besoin d’un Premier ministre pour prendre des notes mais pour apporter des réponses. »

Consultations sous pression sociale

Sébastien Lecornu poursuit ses consultations pour former son gouvernement et reçoit, aujourd’hui et demain, syndicats et organisations patronales. Il a d’ores et déjà annoncé revenir sur la suppression de deux jours fériés, une décision « saluée » par la CGT mais « insuffisante » selon sa dirigeante.

Interrogée sur l’« année blanche », Sophie Binet relate : « Nous l’avons interrogé sur l’année blanche (…) il ne m’a donné aucune réponse, ce qui signifie que c’est toujours dans les cartons, ce qui veut dire qu’il faut se mobiliser le 18 septembre pour enterrer l’année blanche. »

Ces échanges interviennent alors qu’une journée de mobilisation syndicale est programmée jeudi, avec l’ambition de dépasser la participation de près de 200.000 personnes recensées le 10 septembre par le ministère de l’Intérieur.

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