- Le président américain Donald Trump a annoncé de nouvelles mesures protectionnistes visant les médicaments, les poids lourds et le mobilier importés.
- Une décision qui relance les tensions commerciales avec l’Europe et plusieurs partenaires clés.
À partir du 1er octobre, Washington imposera jusqu’à 100% de droits de douane sur les médicaments de marque ou brevetés fabriqués hors des États-Unis. Les camions et certains segments du mobilier seront également surtaxés. L’Union européenne assure toutefois que ses exportations pharmaceutiques restent protégées par un plafond de 15% grâce à l’accord signé fin août.
Des taxes ciblées sur la pharmacie, les poids lourds et le mobilier
Les nouvelles mesures concernent en premier lieu le secteur pharmaceutique. « Nous appliquerons une taxe de 100% sur tout produit pharmaceutique de marque ou breveté, sauf si une entreprise CONSTRUIT son usine pharmaceutique en Amérique », a déclaré Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. L’objectif est clair : inciter les laboratoires à investir dans de nouvelles capacités de production aux États-Unis.
Le secteur automobile est également visé. Le président a annoncé des droits de 25% sur tous les poids lourds fabriqués hors du territoire américain, affirmant que cette mesure était motivée par « de nombreuses raisons, mais surtout, à des fins de sécurité nationale ! ». Les grands constructeurs américains comme Peterbilt, Kenworth, Freightliner ou Mack Trucks sont directement concernés par cette protection.
Enfin, l’ameublement n’échappe pas à cette nouvelle vague tarifaire : 50% sur les cuisines et lavabos de salle de bains, 30% sur les meubles capitonnés. Des produits dont une large part est importée, principalement d’Asie.
Réactions internationales contrastées
Ces annonces ont suscité de vives réactions. En Australie, le ministre de la Santé Mark Butler a dénoncé une mesure contraire aux intérêts des consommateurs américains :
« Nous achetons beaucoup plus de produits pharmaceutiques des États-Unis que ce qu’ils achètent chez nous… Ce n’est pas dans l’intérêt des consommateurs américains d’imposer un prix plus élevé sur l’exportation de l’Australie vers l’Amérique ».
Du côté européen, l’inquiétude se concentre sur l’industrie pharmaceutique. La fédération EFPIA estime que de telles surtaxes « créeraient la pire des situations », avec un risque d’augmentation des coûts et de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
Bruxelles souligne néanmoins que l’accord commercial conclu fin août entre Ursula von der Leyen et Donald Trump offre une garantie. « Ce niveau maximal de droits de douane constitue l’assurance qu’aucun droit supplémentaire ne sera appliqué », a rappelé Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, en précisant que l’Union européenne était « le seul partenaire commercial » à avoir obtenu un tel plafond.
Des impacts économiques à surveiller
Les nouvelles taxes risquent d’affecter directement plusieurs filières. Sur le marché des camions, les concurrents étrangers comme Volvo et Daimler voient leur accès au marché américain menacé. Côté mobilier, les chiffres de la Commission du commerce international des États-Unis montrent que les importations représentaient en 2022 60% de l’offre nationale, ce qui laisse présager une hausse rapide des prix à la consommation.
Une stratégie protectionniste aux effets macroéconomiques incertains
Pour Donald Trump, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie assumée de réindustrialisation par le protectionnisme. En théorie, elles devraient inciter les multinationales à investir sur le sol américain et réduire la dépendance aux importations. Mais à court terme, plusieurs économistes redoutent un effet inflationniste, les hausses de prix sur les médicaments, le mobilier et les véhicules étant susceptibles de peser sur le pouvoir d’achat des ménages.
Sur le plan international, la décision ouvre la voie à de nouvelles tensions commerciales. Si l’Union européenne se considère protégée grâce au plafond négocié cet été, d’autres partenaires — comme l’Australie — pourraient envisager des mesures de rétorsion. Un scénario qui raviverait la spirale de représailles déjà observée lors de la première présidence Trump.
Enfin, les incertitudes juridiques demeurent. Certaines de ces surtaxes pourraient être contestées devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou dans les tribunaux américains, ralentissant leur mise en œuvre. Entre promesse politique de relocalisation et risque de guerre commerciale, l’efficacité de cette nouvelle offensive protectionniste reste à démontrer.
