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Flottille pour Gaza : interceptions israéliennes, mais « 30 bateaux » poursuivent leur route vers l’enclave

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  • La Flottille Global Sumud affirme maintenir le cap vers Gaza malgré une vague d’interceptions par la marine israélienne dans la nuit de mercredi à jeudi.
  • Parmi les passagers contrôlés figurent l’activiste suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan.

   Jeudi 2 août à l’aube, les organisateurs assuraient que « 30 bateaux » naviguaient toujours « à 46 milles nautiques [85 km] » de Gaza « malgré les agressions incessantes ». La veille au soir, plusieurs unités de la flottille avaient été interceptées par la marine israélienne, déclenchant une bataille de récits et une cascade de réactions diplomatiques.

Interceptions en série en Méditerranée

La flottille a annoncé « six nouvelles interceptions, avec au total 49 personnes à bord ». Un peu plus tôt, le ministère des Affaires étrangères israélien avait indiqué « l’interception de 13 navires transportant 200 personnes au total, dont l’activiste suédoise Greta Thunberg ». Les autorités israéliennes l’ont montrée « en train de récupérer des effets personnels, entourée par des hommes armés ».

La soirée du 1ᵉʳ octobre a basculé dans la tension au large des côtes de Gaza. Peu après la tombée de la nuit, les organisateurs de la Global Sumud Flotilla ont annoncé une série d’interceptions coordonnées visant plusieurs de leurs navires. Dans un communiqué, ils dénoncent une « attaque illégale contre des humanitaires non armés », accusant la marine israélienne d’avoir agi dans les eaux internationales, loin des côtes.

Flotille Sumud vers Gaza ( liste des pays participants (crédit  @H_M_Abdullah Global Sumud Flotilla)

Selon leur récit, l’opération a commencé aux alentours de 20 h 30, heure de Gaza. Trois bateaux — l’Alma, le Sirius et l’Adara — auraient été encerclés puis abordés par des unités navales israéliennes alors qu’ils poursuivaient leur route vers l’enclave palestinienne.

« Plusieurs navires de la flottille Global Sumud ont été illégalement interceptés et abordés dans les eaux internationales », précisent les organisateurs.

Très vite, le contact a été rompu avec une partie de la flotte. Les retransmissions en direct, diffusées depuis la mer Méditerranée, se sont interrompues brutalement, tandis que les canaux de communication devenaient muets. « Outre les bateaux dont l’interception est confirmée, la retransmission en direct et les communications avec plusieurs autres bateaux ont été perdues », ajoutent-ils, soulignant l’incertitude qui entoure le sort de plusieurs équipages.

 « Trente bateaux » toujours en mer

Malgré ces opérations, la Flottille assure que « 30 bateaux » voguent encore vers l’enclave. « Ils sont déterminés. Ils sont motivés et font tout ce qui est en leur pouvoir pour briser le blocus tôt ce matin », affirme Saif Abukeshek, porte-parole de la Flottille. Les navires restants se trouvaient, selon les organisateurs, « à 46 milles nautiques [85 km] malgré les agressions incessantes » de la marine israélienne.

La version israélienne : blocus « légal » et offre de transfert de l’aide

Du côté israélien, les autorités affirment avoir pris les devants pour prévenir tout incident en mer. Selon la diplomatie israélienne, la marine aurait d’abord établi un contact radio avec les navires de la Global Sumud Flotilla, leur demandant de modifier leur trajectoire afin d’éviter la zone sensible au large de Gaza. Israël assure avoir averti les équipages qu’ils s’approchaient « d’une zone de combat active » et qu’ils enfreignaient « un blocus naval légal ».

Dans leur communication officielle, les responsables israéliens soulignent qu’une alternative pacifique avait été proposée : l’acheminement de l’aide humanitaire « par des canaux sécurisés vers Gaza », sous supervision.

Sur le réseau social X, un message du ministère des Affaires étrangères cherche à rassurer quant au sort des passagers. « Greta et ses amis sont sains et saufs », peut-on lire, accompagné de plusieurs images montrant l’activiste suédoise Greta Thunberg encadrée par des membres des forces israéliennes lors de l’interception.

Le ministère turc des Affaires étrangères accuse Israël de commettre « un acte de terrorisme ». En France, le chef de la diplomatie démissionnaire Jean-Noël Barrot « appelle les autorités israéliennes à assurer la sécurité des participants » et confirme que « les bateaux de la flottille pour Gaza [étaient] en cours d’arraisonnement par les autorités israéliennes ».

À bord : témoignage de Rima Hassan, personnalités mobilisées

L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, qui avait pris place à bord, accuse Israël d’avoir arrêté « illégalement » et « arbitrairement » des « centaines » de personnes. Elle avait commencé à témoigner dans un direct sur Instagram après avoir assisté à l’arraisonnement d’une embarcation voisine, avant de « jeter [son] téléphone à l’eau » au moment de l’abordage du navire où elle se trouvait.

Lancée à partir de l’Espagne début septembre, la Global Sumud Flotilla se présente comme une « mission pacifique et non violente d’aide humanitaire ». Elle rassemblait initialement environ 45 bateaux et des centaines de militants propalestiniens originaires de plus de 40 pays. La Flottille dit vouloir « briser le blocus de Gaza »et livrer de l’aide à une population « assiégée confrontée à la famine et au génocide ».

Parmi les participants de la Flottille Global Sumud figurent aussi le petit-fils de Nelson Mandela et ex-député sud-africain Mandla Mandela, la militante suédoise Greta Thunberg ou encore l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau.

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