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lundi, février 16, 2026
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Remaniement : Sébastien Lecornu dévoile un gouvernement de continuité avec 18 ministres

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  • Deux jours avant son discours de politique générale, Sébastien Lecornu a présenté la composition de son premier gouvernement.
  • La plupart des ministres conservent leur poste, confirmant une ligne de continuité.

    Depuis le parvis de l’Élysée, Emmanuel Moulin a annoncé la nomination de 18 ministres, dont 12 étaient déjà membres du précédent gouvernement. Les changements se concentrent sur quelques portefeuilles stratégiques. Les ministres délégués et secrétaires d’État seront nommés après les déclarations de politique générale prévues mardi 7 et mercredi 8 octobre.

Une équipe très proche de celle de François Bayrou

La structure du nouveau gouvernement reprend largement celle mise en place par François Bayrou. Bruno Retailleau est reconduit à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, Élisabeth Borne à l’Éducation nationale, Manuel Valls aux Outre-mer, Catherine Vautrin au Travail et à la Santé, Annie Genevard à l’Agriculture, Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères et Rachida Dati à la Culture.

Quelques portefeuilles changent néanmoins de titulaires : Bruno Le Maire prend la tête des Armées, Roland Lescure devient ministre de l’Économie et Éric Woerth hérite de l’Aménagement des territoires et de la Décentralisation.

Sébastien Lecornu, en poste depuis près d’un mois, a mené de nombreuses consultations avant de finaliser cette équipe largement reconduite. Selon son entourage, il s’agit d’un gouvernement « resserré » dont l’objectif prioritaire est de « faire adopter un budget pour la France avant la fin de l’année 2025 ».

 Une opposition vent debout contre une continuité jugée « pathétique »

À peine les noms officialisés depuis l’Élysée, la réaction des oppositions n’a pas tardé. À droite comme à gauche, les critiques convergent sur un même constat : l’absence de renouvellement.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a été l’un des premiers à dégainer. Pour lui, cette équipe n’incarne ni surprise ni changement, mais plutôt un repli sur les fidèles du président. Il dénonce « un gouvernement annoncé ce soir, composé des derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse », et fustige « absolument rien de la rupture que les Français attendent ». Dans la même veine, Marine Le Pen juge la composition « pathétique » et lâche, amère : « Les bras nous en tombent. »

À gauche, le ton est tout aussi sévère. Éric Coquerel, député LFI et président de la Commission des Finances, dépeint une équipe en décalage avec les attentes du pays. Il parle d’« un gouvernement des perdants » et d’« un gouvernement Bayrou sans Bayrou mais beaucoup plus à droite », regrettant que « ce sont surtout des éléments à droite du macronisme qui rentrent, pour imposer la même politique ». Et de lancer, en forme de mise en garde : « Dans quelle démocratie sommes-nous ? »

Jean-Luc Mélenchon, lui, choisit l’ironie mordante. « Tout ça pour ça ? » interroge le leader insoumis, décrivant « un cortège de revenants à 80 % de LR et anciens LR embauchés pour continuer une politique qui a provoqué tant de souffrance populaire et de dégâts écologiques ».

Du côté du Parti socialiste, Arthur Delaporte dénonce une ligne figée, sans ouverture ni inflexion. « Tout nous incite à voter la censure », prévient-il, évoquant « une absence totale de rupture ». Selon lui, l’hypothèse d’un dépôt de motion de censure « dès le discours de politique générale, mardi, est sur la table ».

Un soutien mesuré du MoDem

Le Mouvement Démocrate adopte une position nuancée. Ses élus soulignent que « des questionnements demeurent » sur la capacité à nouer des compromis avec d’autres forces politiques.

 Malgré cela, ils estiment que la feuille de route « pose des bases de discussion » et « s’inscrit dans la continuité des précédents gouvernements soutenus par notre groupe ». Le MoDem choisit de « soutenir et participer » à l’action gouvernementale « dès lors que les équilibres d’hier sont globalement maintenus ».

Deux ministres — Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Marina Ferrari (Sports et Jeunesse) — sont issus du parti centriste.

Un premier Conseil des ministres se tiendra lundi après-midi autour d’Emmanuel Macron. Les ministres délégués seront nommés à l’issue des discours de politique générale de Sébastien Lecornu, mardi à l’Assemblée nationale et mercredi au Sénat.

L’exécutif veut faire adopter le budget 2025 avant la fin de l’année. Ce calendrier s’annonce délicat dans un contexte parlementaire tendu, marqué par la menace de motions de censure dès cette semaine.

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