- Après la démission fracassante de Sébastien Lecornu et cinq jours de tractations, l’exécutif arrive à l’heure des choix.
- Emmanuel Macron a promis d’annoncer ce vendredi soir le nom de son futur Premier ministre, sur fond de crise politique persistante.
Réunion cruciale à l’Élysée ce vendredi à 14h30 — sans LFI ni RN — tandis que la gauche et les écologistes réclament une cohabitation. Entre reconduction de Sébastien Lecornu ou nouveau visage à Matignon, le président doit désamorcer un blocage parlementaire inédit et trouver une majorité de projet pour éviter une censure immédiate.
La semaine s’est ouverte par la démission tonitruante de Sébastien Lecornu, suivie de deux jours supplémentaires de négociations pour arracher, faute de majorité absolue à l’Assemblée, un accord de non-censure. Mercredi soir, à l’issue d’« ultimes négociations » pilotées par l’ex-locataire de Matignon, Emmanuel Macron s’est engagé à nommer un Premier ministre « d’ici vendredi soir ».
Élysée, 14h30 : un tour de table décisif
Le chef de l’État a convié les responsables de partis à l’Élysée ce vendredi 10 octobre à 14h30. Côté gauche, Olivier Faure (PS) avec Boris Vallaud, Marine Tondelier (EELV) et Cyrielle Chatelain seront présents. La majorité présidentielle sera représentée par Gabriel Attal (Renaissance) et Marc Fesneau (MoDem), tandis que le centre droit et la droite enverront Hervé Marseille (UDI) et Bruno Retailleau (LR). La France insoumise et le Rassemblement national ne sont pas invités à cette réunion.
La gauche et les écologistes poussent à la cohabitation
Dans une déclaration commune, Marine Tondelier, Olivier Faure et Fabien Roussel exhortent le président : « Monsieur le président, entendez le pays ». Ils appellent Emmanuel Macron à choisir « une cohabitation » avec « la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement de gauche et écologiste qui permettra la construction de majorités à l’Assemblée ».
Le trio avertit : « Soit vous persistez dans l’isolement et le déni, et vous prendrez devant l’Histoire la responsabilité d’avoir considérablement aggravé la fracture entre le peuple et ses institutions. Soit vous écoutez le pays (…) et vous ouvrez une nouvelle étape : celle d’une cohabitation ». À leurs yeux, « persister dans l’obstruction serait fragiliser encore davantage notre démocratie ».
« La fable de la stabilité, plus personne n’y croit »
Invitée de l’émission Bonjour ! sur TF1, la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier confirme sa venue à l’Élysée tout en rejetant l’option d’un retour de Sébastien Lecornu : il incarnerait selon elle le « Socle commun », qui n’aurait « plus rien d’un socle et qui n’est plus commun » après que le gouvernement a « implosé de l’intérieur ».
Elle enfonce le clou : « Je pense que la fable de ce socle de stabilité, de cette plateforme de stabilité (…), plus personne n’y croit. (…) Je ne vois pas comment on nous revend cette fable de la stabilité de cet ensemble politique. Ça ne marche plus. La gauche et les Écologistes doivent maintenant gouverner ».
Et d’ajouter : « Cela fait plus d’un an qu’on empêche la force arrivée en tête des élections législatives de gouverner », estimant que « ces gens doivent rendre le pouvoir à la gauche et les Écologistes ».
Des « signaux faibles » dans la majorité présidentielle ?
Toujours sur TF1, Marine Tondelier affirme percevoir des lignes qui bougent « dans le camp macroniste, y compris (auprès) d’anciens ministres ». Elle avance que Gabriel Attal « a dit qu’il était prêt » à un Premier ministre de gauche et écologiste, et que Élisabeth Borne, ministre démissionnaire de l’Éducation, « se dit prête à suspendre la réforme des retraites ».
« Tout le monde est en train de bouger, sauf Emmanuel Macron. C’est à mon avis le programme qu’il nous faut pour la journée (…) Nous sommes prêts, et il n’a plus aucune excuse, même plus celle de la prétendue stabilité pour ne pas nous nommer », martèle-t-elle
Qu’il choisisse la reconduction d’une figure de la majorité ou la désignation d’un profil de compromis, Emmanuel Macron doit solder une crise politique qui s’enlise. Sans majorité constituée, la survie du prochain gouvernement dépendra d’un pacte de non-censure et de majorités à la carte autour de textes précis (retraites, pouvoir d’achat, fiscalisté), afin d’éviter un crash-test immédiat à l’Assemblée nationale.
