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mercredi, avril 15, 2026
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Banque de France : Villeroy de Galhau appelle à des compromis et fixe un cap à 4,8 % de déficit en 2026

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  • Deux semaines de signaux contradictoires sur la trajectoire budgétaire ont nourri l’incertitude.
  • Ce vendredi 10 octobre, le gouverneur de la Banque de France enjoint les partis à sortir de l’impasse par des compromis.

Sur RTL, François Villeroy de Galhau a dit avoir « assez du gâchis politique » et esquisse une méthode : stabiliser d’abord la dépense publique, n’utiliser l’impôt qu’« à titre complémentaire, mais ciblé et exceptionnel », et préserver « les classes moyennes et les entrepreneurs ». Objectif affiché : ne pas dépasser 4,8 % de déficit du PIB en 2026, cap intermédiaire vers 3 % en 2029.

 « Assez du gâchis politique » : l’appel aux compromis

« Je suis comme tous les Français, j’aime notre pays et j’en ai vraiment assez de ce gâchis politique », a lancé le gouverneur de la Banque de France, ce vendredi 10 octobre, appelant les formations à « des compromis » pour sortir de l’instabilité née de la dissolution. Ce rappel à l’ordre vise autant la vie politique que la crédibilité financière : sans visibilité, la confiance vacille et la croissance s’étiole.

Une méthode budgétaire : d’abord la dépense, ensuite l’impôt – avec des garde-fous

Interrogé sur la stratégie à adopter, le gouverneur trace une hiérarchie claire : « Il y a des solutions budgétaires » affirme-t-il. Selon lui, l’effort doit d’abord porter sur la stabilisation des dépenses publiques, avant d’envisager d’éventuelles hausses de recettes « à titre complémentaire, mais ciblées et exceptionnelles ».

François Villeroy de Galhau fixe toutefois une limite nette : « Il ne faut pas toucher aux classes moyennes et aux entrepreneurs », prévient-il, rappelant qu’ils constituent le cœur battant de la consommation et de l’investissement dans le pays.

Sur la trajectoire, François Villeroy de Galhau appelle à ne pas prévoir une cible de déficit supérieure à 4,8 % du PIB en 2026.

« On part de 5,4 % cette année, l’objectif est d’atteindre 3 % en 2029 (…). La première année, il faut donc réduire ce déficit d’au moins 0,6 point, et ne pas dépasser 4,8 % l’année prochaine », a-t-il expliqué.

Une précision qui intervient alors que le débat politique évoquait récemment un déficit en dessous de 5 % du PIB en 2026, contre 4,7 % avancés il y a quinze jours.

Conjoncture : une croissance modeste, un coût mesurable de l’instabilité

La Banque de France a confirmé une croissance de 0,3 % du PIB au troisième trimestre, reflet d’un climat économique hésitant. « Ce n’est pas brillant (…) mais les entrepreneurs maintiennent leur cap et les Français sont au travail », a nuancé le gouverneur. L’incertitude, elle, coûte 0,2 point de croissance selon ses estimations. À l’inverse, si les ménages retrouvaient confiance et que le taux d’épargne diminuait d’un point, « cela nous ramènerait 0,4 point de croissance supplémentaire », a-t-il précisé.

L’enjeu central : restaurer la confiance pour relancer l’élan

Au-delà des décimales, l’argument clé est celui de la confiance. Des compromis politiques crédibles et une trajectoire lisible des finances publiques — dépenses tenues, impôts ciblés et temporaires — peuvent abaisser l’épargne de précaution, réanimer la demande et réduire la prime de risque pesant sur l’investissement. Le message du gouverneur : stabiliser aujourd’hui pour accélérer demain.

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