- L’Assemblée nationale a validé un amendement LR supprimant le plafond de 7 500 € et rendant totalement défiscalisées les heures supplémentaires dans le cadre du PLF 2026.
- Le gouvernement, qui chiffre la mesure à environ 1 milliard d’euros, se dit prêt à l’« accompagner ».
Samedi 25 octobre, l’Assemblée nationale a voté par 183 voix contre 159 la défiscalisation intégrale des heures supplémentaires. Saluée par la droite comme « l’une des grandes réussites » du quinquennat Sarkozy et soutenue par Ensemble, Horizons et le RN, la disposition doit encore être confirmée dans le texte final du PLF 2026.
Ce que change l’amendement
L’amendement adopté supprime le plafond de 7 500 euros par an qui borne aujourd’hui l’exonération d’impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires. Objectif affiché : redonner du pouvoir d’achat et inciter au travail additionnel.
Présentée par les députés LR et le groupe Droite républicaine, la mesure est défendue comme un retour à un outil jugé efficace avant sa suppression en 2012, puis sa réintroduction partielle.
« Nous entendons très souvent, dans nos circonscriptions respectives, des concitoyens qui regrettent l’époque du “travailler plus pour gagner plus”. — Fabien Di Filippo (Droite républicaine)
Laurent Wauquiez s’est, lui, félicité d’« un signal d’espoir » qui encourage « ceux qui se donnent du mal et la France qui travaille ».
Au-delà des voix LR et Droite républicaine, le vote a réuni Ensemble pour la République, Horizons et le Rassemblement national. Pour Antoine Armand (Ensemble pour la République), il s’agit d’une mesure de « justice sociale » afin que « le travail paye ».
Une gauche vent debout contre un « retour en arrière »
La gauche a fustigé un recul, à l’aune de la réforme des 35 heures portée par le gouvernement Jospin. Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et social) a interpellé la droite : « Vous voulez, Monsieur Wauquiez, revivre les années Sarkozy, nous voulons construire la société du temps libéré et du travail qui paye dignement. »
La mesure n’est pas encore actée : elle devra être validée dans la version définitive du projet de loi de finances 2026. La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a opté pour un avis de “sagesse”, assurant que l’exécutif suivrait le Parlement si celui-ci confirmait la disposition, évaluée à environ un milliard d’euros pour les finances publiques.
Pour entrer en vigueur, la défiscalisation intégrale devra désormais figurer dans la version définitive de la loi de finances pour 2026, puis être promulguée.
