- Olivier Faure pose un nouvel ultimatum à l’exécutif : « À la fin de la semaine prochaine, nous saurons si nous allons à la dissolution ou pas », prévient-il sur LCI.
- Si la « taxe Zucman » est rejetée ou « vidée » de sa substance, ce sera un « casus belli » pour les socialistes, prêts à dégainer une motion de censure visant Sébastien Lecornu — au risque de provoquer de nouvelles législatives.
À l’approche de l’examen du budget 2026, Olivier Faure a choisi la fermeté. Dimanche 26 octobre, sur LCI, le patron des socialistes a averti : « À la fin de la semaine prochaine, nous saurons si nous allons à la dissolution ou pas. » En clair, toute remise en cause de la « taxe Zucman » — son rejet ou une version édulcorée — constituerait un « casus belli » avec la majorité.
Le PS conditionne désormais l’accalmie parlementaire à des concessions rapides sur la justice fiscale. À défaut, Sébastien Lecornu s’exposerait à une motion de censure déposée par les socialistes, que le parti juge susceptible « de précipiter de nouvelles élections législatives ».
« À la fin de la semaine prochaine, nous saurons si nous allons à la dissolution ou pas. » – Olivier Faure
La taxe Zucman, totem d’une justice fiscale revendiquée
Pour Olivier Faure, la taxe imaginée par l’économiste Gabriel Zucman — un impôt minimum de 2 % sur les patrimoines à partir de 100 millions d’euros — « est la meilleure façon d’éviter ce qu’on appelle l’optimisation fiscale ».
Dans un souci d’aboutir, le premier secrétaire se dit toutefois ouvert à « des amendements de repli ». Le groupe socialiste propose ainsi un impôt minimum de 3 % sur les patrimoines à partir de 10 millions d’euros, en excluant les entreprises innovantes et familiales.
Message à la majorité présidentielle et à LR : « S’ils ne comprennent pas que ces efforts-là sont indispensables pour avancer, les Français trancheront et nous irons devant eux en expliquant qu’ils ont préféré bloquer la France parce qu’ils voulaient protéger quelques milliardaires », martèle Olivier Faure.
Un calendrier bousculé par la « réserve parlementaire »
Officiellement relancé ce lundi matin, l’examen du volet recettes du PLF 2026 ne suit pas l’ordre classique. À la demande du ministre de l’Économie Roland Lescure, une réserve parlementaire permet de traiter hors séquence les articles 4, 11 et 12, l’intéressé invoquant des contraintes d’agenda liées à sa participation au sommet des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7 à Toronto et New York.
Conséquence : l’article 3, qui concentre l’essentiel des tensions car il contient l’amendement socialiste instaurant une « taxe Zucman light », ne sera probablement pas étudié avant mercredi 29 octobre, a appris Echosplus auprès du ministère de l’Économie. Dès samedi, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin avait d’ailleurs annoncé dans l’hémicycle que certains articles seraient examinés en priorité, repoussant de facto la discussion sur la taxe.
Motion de censure : l’épée de Damoclès
Dans une Assemblée fragmentée, la menace de censure est plus qu’un outil rhétorique. Elle vise à resserrer l’étau sur la majorité relative en l’obligeant à choisir : accepter une version solide de la taxe sur les hauts patrimoines ou assumer un vote à haut risque.
Pour l’heure, les socialistes laissent une porte entrouverte via leur « plan B » à 3 % dès 10 millions d’euros, hors entreprises innovantes et familiales. Mais ils préviennent : vider la taxe de sa substance ferait tomber la hache. Le dénouement se joue d’ici la fin de la semaine prochaine.
