- Au deuxième trimestre, le nombre de personnes indemnisées par l’assurance chômage a légèrement reculé en France, selon les dernières données de l’Unédic.
- Dans le même temps, les inscriptions à France Travail poursuivent leur hausse et les dépenses liées aux ruptures conventionnelles restent très élevées.
Alors que 2,4 millions de personnes ont été indemnisées par l’assurance chômage au deuxième trimestre, soit une baisse de 2 % sur un an, le nombre total d’inscrits à France Travail continue d’augmenter pour atteindre 6,2 millions de personnes. Si les dépenses d’indemnisation reculent légèrement, les ruptures conventionnelles pèsent lourd sur les comptes de l’assurance chômage, représentant 26 % des dépenses totales d’allocations.
2,4 millions de personnes indemnisées, un léger recul sur un an
Selon l’Unédic, 2,4 millions de personnes ont été indemnisées par l’assurance chômage au deuxième trimestre, soit une diminution de 2 % par rapport à la même période l’an dernier.
Si l’on élargit le périmètre à l’ensemble des personnes prises en charge par l’assurance chômage – en incluant celles en attente ou en différé d’indemnisation après une rupture de contrat ou en congés payés – leur nombre atteint 3,6 millions, en baisse de 1 % sur un an.
Au printemps dernier, 353 000 personnes ayant perdu leur emploi ont ouvert un droit à l’assurance chômage, un chiffre là aussi en recul de 4 % sur un an, selon l’organisme gestionnaire.
France Travail : 6,2 millions d’inscrits, dont 3 millions sans aucune activité
En parallèle, la dynamique à France Travail montre une autre réalité du marché du travail. Le nombre total de personnes inscrites à France Travail s’élevait au deuxième trimestre à 6,2 millions, en hausse de 2 % sur un an.
Parmi elles, 3 millions de personnes n’exercent aucune activité, un volume en augmentation de 5 % sur un an, rappelle l’Unédic. Cette progression des inscrits totalement sans emploi contraste avec la légère baisse du nombre d’allocataires indemnisés, traduisant une situation de l’emploi toujours tendue pour une partie des demandeurs d’emploi.
Plus d’un allocataire sur deux travaille au moins une partie du mois
L’Unédic souligne le rôle du cumul emploi-chômage dans les parcours professionnels. À la fin du deuxième trimestre, 53 % des allocataires pris en charge travaillaient au moins une partie du mois tout en étant inscrits à France Travail.
L’organisme précise que « un peu moins de la moitié des allocataires » qui travaillaient, « soit 23% de l’ensemble des allocataires », cumulaient « leur rémunération avec une partie de leurs allocations chômage » dans la limite de leur salaire perdu. Ce dispositif permet à de nombreux allocataires de conserver un pied dans l’emploi tout en sécurisant leurs revenus.
Des montants d’allocation contrastés selon l’activité
L’allocation mensuelle moyenne versée aux demandeurs d’emploi indemnisés atteignait 1 042 euros. Ce montant diffère toutefois de manière notable en fonction de la situation professionnelle des bénéficiaires. Les allocataires qui exercent une activité en parallèle de leur indemnisation touchent ainsi en moyenne 860 euros au titre de l’assurance chômage.
Parallèlement, les dépenses d’indemnisation ont diminué de 1 % au deuxième trimestre, pour s’établir à 8,6 milliards d’euros. L’Unédic rappelle que le deuxième trimestre représente « généralement un point bas dans les dépenses d’indemnisation d’une année donnée », en raison notamment de la saisonnalité de l’activité économique et des contrats de travail.
Ruptures conventionnelles : un coût de 9,4 milliards d’euros pour l’assurance chômage
Au-delà des chiffres d’indemnisation, l’Unédic met en lumière le poids croissant des ruptures conventionnelles dans les comptes de l’assurance chômage.
Le gouvernement envisage d’ouvrir une négociation spécifique sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi à la suite d’une rupture conventionnelle, estimant que ce dispositif, très utilisé, a un coût élevé pour le régime.
Selon une note publiée début novembre par l’Unédic, 515 000 ruptures conventionnelles ont été enregistrées en 2024, pour un coût total de 9,4 milliards d’euros, soit 26 % des dépenses totales d’allocation chômage.
Ce poids financier alimente le débat sur une éventuelle réforme du dispositif, alors que le système d’assurance chômage doit concilier soutien aux demandeurs d’emploi, incitation au retour à l’emploi et soutenabilité budgétaire.
