- La circulation de la grippe s’intensifie en France à l’approche des fêtes de fin d’année, selon les dernières données de surveillance épidémiologique.
- De nouvelles modélisations de l’Institut Pasteur et de Santé publique France prévoient un pic d’activité grippale entre Noël et le Nouvel An, avec un impact notable attendu sur le recours aux soins.
Selon ces nouvelles projections, le pic de l’épidémie de grippe devrait survenir entre Noël et le Nouvel An, avec “un fort impact” potentiel à l’hôpital, tandis que les autorités sanitaires appellent à la vaccination et au retour des gestes barrières pour limiter la pression sur le système de soins.
Une hausse marquée des urgences attendue autour de Noël
Publié mercredi 17 décembre, le premier scénario issu de cette modélisation annonce une montée rapide des cas. L’Institut Pasteur et Santé publique France expliquent que cette première version du modèle “anticipe une croissance des passages aux urgences pour syndrome grippal dans les deux prochaines semaines, suivie d’une décroissance” au cours des deux premières semaines de 2026.
Cette décrue attendue serait notamment liée à la fermeture des écoles pendant les vacances, qui ralentit habituellement la circulation du virus. En revanche, la période des fêtes, propice aux retrouvailles familiales et aux rassemblements en intérieur, devrait accentuer la transmission à court terme.
Un pic entre Noël et le Nouvel An, mais une ampleur encore incertaine
Les deux institutions affinent déjà le calendrier probable du point culminant de l’épidémie. À ce stade, “le pic de l’épidémie grippale est attendu plutôt dans la semaine de Noël, avec 15% de chance que le pic ait lieu en semaine 51, 70% en semaine 52 et 12% en semaine 1”, détaillent-elles.
Mais les marges d’erreur restent importantes. Juliette Paireau, spécialiste de la modélisation mathématique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur et à Santé publique France, insiste sur les limites de l’exercice : “La performance du modèle peut être variable : pour des saisons qui ressemblent au passé, le modèle est le plus performant ; pour des saisons très différentes, le modèle aura plus de difficultés à anticiper la dynamique.”
Elle reconnaît également qu’“une grande incertitude” persiste “sur l’ampleur du pic”, même si la tendance à la hausse à court terme ne fait guère de doute.
Un “fort impact” à l’hôpital pendant les congés de fin d’année
Malgré ces incertitudes, le message adressé aux professionnels de santé comme au grand public est clair : la pression sur le système de soins va s’accentuer. “Vu les prévisions et malgré le degré d’incertitude élevé inhérent à la modélisation de l’activité grippale, il est probable que le recours aux soins pour grippe s’accentue de façon importante au cours des deux prochaines semaines dans l’ensemble des régions hexagonales, avec un fort impact à anticiper à l’hôpital durant la période des congés de fin d’année”, préviennent l’Institut Pasteur et Santé publique France.
Les services d’urgences, déjà fragilisés en période hivernale, se préparent ainsi à une hausse significative des passages. Les autorités soulignent que l’organisation hospitalière doit intégrer cette prévision, alors même que de nombreux soignants sont en congés.
Ministre de la Santé : masques et gestes barrières recommandés
À l’approche des fêtes, le gouvernement insiste sur le retour aux réflexes acquis pendant la pandémie de Covid-19. Invitée de BFMTV mercredi 17 décembre, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a appelé les Français à “mettre” un masque en cas de symptômes.
“Il est très important de rappeler que lorsqu’on est enrhumé, c’est mieux de mettre un masque parce que vous évitez la propagation” du virus, a-t-elle souligné. “Tous les Français connaissent ce discours, mais il est de mon devoir de le dire.”
La ministre précise que “toute la France est concernée” par l’épidémie actuelle, tout en rappelant qu’“on est dans les chiffres habituels” pour cette période de l’année.
“Toute la France est concernée, mais il est encore temps pour les personnes fragiles, les personnes de plus de 65 ans et les femmes enceintes de se faire vacciner”, insiste t-elle.
Outre le port du masque, Stéphanie Rist a rappelé l’importance des gestes barrières au quotidien, comme “se laver les mains” régulièrement et aérer les pièces de son logement, afin de limiter la diffusion du virus dans les foyers.
Vaccination : un bouclier toujours jugé efficace
Face à la recrudescence des cas, la campagne de vaccination reste au cœur de la stratégie sanitaire. La ministre se veut rassurante sur la gravité de la situation. « Une épidémie de grippe, explique-t-elle, ne signifie pas que tous les Français sont en urgence ou dans des services de réanimation. Le vaccin va diminuer le passage aux urgences”.
Les autorités encouragent particulièrement les publics les plus à risque – seniors, personnes fragiles, femmes enceintes – à se faire vacciner sans tarder. L’objectif : réduire les formes graves, préserver les capacités hospitalières et limiter les tensions dans les services d’urgences au moment du pic.
Un nouveau variant “sous-clade K”, mais pas de motif d’alarme
En dépit des efforts de prévention, l’apparition d’un nouveau variant plus robuste, baptisé “sous-clade K”, favorise la transmission du virus cette saison. Pour autant, Stéphanie Rist refuse de céder à l’alarmisme :
“Je crois qu’il ne faut pas parler d’inquiétude à ce stade. Tous les ans, il y a des variants différents.”
Elle assure que la protection vaccinale reste au rendez-vous : “Les données que j’ai à ce stade sont que le vaccin fonctionne sur les différents variants qui existent.” Un message destiné à rassurer et à convaincre les hésitants, à l’heure où le pic de l’épidémie se rapproche.
