- Les échanges commerciaux de la Chine ont atteint un niveau inédit en 2025, selon les chiffres publiés par les douanes chinoises.
- Un record qui intervient dans un contexte de tensions commerciales persistantes avec Washington.
Avec un excédent commercial dépassant pour la première fois les 1.000 milliards de dollars, Pékin confirme la solidité de son modèle exportateur, tout en réorientant ses flux vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est.
Malgré une année marquée par l’imposition de droits de douane américains et un ralentissement de certains échanges bilatéraux, la Chine affiche une performance commerciale sans précédent. En 2025, le volume total des importations et des exportations a progressé de 3,8% sur un an, pour atteindre 45.470 milliards de yuans (environ 5.595 milliards d’euros).
« C’est la première fois que le volume dépasse les 45.000 milliards de yuans, ce qui représente un nouveau plus haut historique », a déclaré Wang Jun, directeur adjoint de l’administration des douanes chinoises, lors d’un point presse à Pékin.
Les exportations, moteur central de la croissance
Pilier de la deuxième économie mondiale, les exportations de marchandises ont enregistré une hausse de 6,1% sur un an, atteignant 26.990 milliards de yuans. La dynamique s’est même accélérée en fin d’année.
En décembre, les exportations ont progressé de 6,6% sur un an, selon le Financial Times. Ce chiffre dépasse largement les prévisions moyennes des analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur une croissance de 3,1%, et surpasse également la performance de novembre (+5,9%).
Importations freinées par les matières premières
Les importations chinoises ont, de leur côté, connu une progression plus modérée. Elles ont augmenté de 0,5%, pour atteindre 18.480 milliards de yuans. La baisse des prix des matières premières a pesé sur leur valeur, même si les volumes importés ont continué d’augmenter pendant sept mois consécutifs, selon les douanes.
Un excédent commercial inédit de 1.200 milliards de dollars
Résultat de ces dynamiques contrastées, l’excédent commercial annuel de la Chine a dépassé pour la première fois le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars, pour s’établir à 1.200 milliards de dollars. Il surpasse ainsi le précédent record de 993 milliards de dollars enregistré en 2024.
Cette performance est d’autant plus notable que les exportations vers États-Unis ont reculé de 20% sur l’année.
Pékin réoriente ses flux vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est
La baisse des ventes vers le marché américain a été compensée par une forte progression des exportations vers d’autres régions. Les livraisons à destination de Union européenne ont augmenté de 8,4%, tandis que celles vers l’Asie du Sud-Est ont bondi de 13,4%, illustrant une réorientation stratégique des producteurs chinois.
« Certains pays ont politisé les questions commerciales et limité les exportations de technologies de pointe vers la Chine. Sans cela, nous aurions importé davantage », a souligné Wang Jun.
Vers une ouverture accrue du marché chinois en 2026
Malgré les tensions persistantes, Pékin affiche une volonté d’ouverture. En 2026, le marché chinois « s’ouvrira davantage » et « continuera à représenter une opportunité pour le monde entier », a affirmé le responsable des douanes.
Les échanges entre la Chine et les États-Unis ont néanmoins produit des « résultats positifs », représentant 8,8% du commerce extérieur total du pays. Par ailleurs, les échanges entre la Chine et l’Union européenne ont progressé de 6% en 2025, selon le porte-parole des douanes, Lü Daliang.
L’Europe confrontée à un ralentissement de ses échanges internes
En parallèle, la dynamique commerciale au sein de l’Union européenne montre des signes de faiblesse. Selon un projet de rapport de la Commission européenne consulté par le Financial Times, la part des échanges commerciaux entre pays membres, rapportée au PIB de l’UE, est passée de 23,5% en 2023 à 22% en 2024, marquant la première baisse depuis 2016.
Les auteurs du rapport attribuent ce recul en partie à la flambée des prix de l’énergie consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie
