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Trump menace l’Iran d’une riposte « très forte » en cas d’exécutions de manifestants

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  • Donald Trump a durci le ton face à Téhéran alors que la justice iranienne évoque des poursuites passibles de la peine de mort contre des protestataires.
  •  L’Iran accuse Washington de chercher un « prétexte » à une intervention militaire, sur fond de bilans humains très lourds et de tensions régionales.

   Le président américain promet d’agir « de manière très forte » si des détenus sont exécutés, tout en laissant planer le flou sur la nature de l’« aide » annoncée aux manifestants. En retour, Téhéran dénonce une stratégie de « changement de régime » et brandit la menace de représailles contre des bases américaines dans la région.

Trump promet une action « très forte » si Téhéran exécute des manifestants

En déplacement à Detroit, Donald Trump a été interrogé par la chaîne CBS sur la possibilité d’exécutions par pendaison dès mercredi en Iran. La réponse du président américain a été sans détour : « Nous agirons de manière très forte s’ils font une chose pareille », a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tard, à son retour près de Washington, le président a assuré vouloir réévaluer la situation depuis la Maison Blanche : « Je retourne à la Maison Blanche, nous allons regarder la situation en Iran », a-t-il dit sur le tarmac, évoquant une prochaine consolidation des données sur la répression. « Nous allons avoir des chiffres précis en lien avec les tueries (de manifestants) », a-t-il ajouté, parlant d’un nombre « significatif » de morts.

Des chefs d’accusation passibles de mort et des procès annoncés comme « rapides »

Du côté iranien, le bureau des procureurs de Téhéran a annoncé qu’un nombre indéterminé de manifestants seraient poursuivis pour « moharebeh » (« guerre contre Dieu »), l’un des chefs d’accusation les plus graves du droit iranien, passible de la peine capitale, selon un communiqué cité par la télévision d’État.

Le chef du pouvoir judiciaire a, lui, promis des procès « rapides » pour les suspects arrêtés lors de manifestations qualifiées d’«émeutes » par les autorités. Les organisations de défense des droits humains redoutent un recours massif à la peine de mort, tandis que la diplomatie américaine évoque une première exécution dès mercredi.

 « L’aide est en route » : Trump appelle à poursuivre la mobilisation

 Sans dévoiler de plan concret, Donald Trump a multiplié les messages de soutien aux protestataires iraniens. Sur Truth Social, il a encouragé la poursuite du mouvement jusqu’au renversement des autorités, affirmant que « l’aide est en route », sans donner de détails.

Interrogé par CBS, il a ensuite précisé : « Beaucoup d’aide est en route sous différentes formes, y compris économique ». Dans un autre message, il a lancé un appel direct aux manifestants :

 « Patriotes iraniens, CONTINUEZ À MANIFESTER – PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!! »

Le président américain dit également avoir gelé ses échanges avec Téhéran : il affirme avoir « annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêtaient pas ».

Dimanche, il avait annoncé une nouvelle pression économique, menaçant de frapper de 25% de droits de douane tout pays commerçant avec l’Iran.

 Des bilans très lourds et divergents : de 734 à près de 2 500 morts

 La répression des manifestations est documentée par plusieurs ONG, avec des estimations qui diffèrent sensiblement. Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a annoncé mardi qu’au moins 734 manifestants avaient été tués depuis le début du mouvement.L’ONG estime que le bilan réel pourrait être bien plus élevé : IHR « continue de recevoir des rapports faisant état de milliers de morts dans différentes villes et provinces d’Iran », précise l’organisation après plus de deux semaines de mobilisation.

Une autre organisation, Human Rights Activists News Agency, a publié mardi 13 janvier un décompte plus important : 2 403 manifestants tués, ainsi que neuf personnes ne participant pas au mouvement, 147 membres des forces de sécurité et soutiens du gouvernement, et près de 19 000 arrestations.

 Internet coupé et crise politique majeure depuis 1979

La République islamique fait face à l’un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979. Dans un contexte de durcissement, l’Iran a coupé le 8 janvier l’accès à internet pour sa population, empêchant la diffusion d’informations vers l’extérieur et compliquant la vérification indépendante des bilans et des arrestations.

Téhéran accuse Washington de chercher un « prétexte » à une intervention militaire

Face aux menaces américaines, la mission iranienne à l’ONU a accusé Washington de chercher un « prétexte » en vue d’une action armée. Dans un message publié sur X, elle dénonce une politique de changement de régime :

 « Les fantasmes et la politique des États-Unis à l’égard de l’Iran sont fondés sur un changement de régime, avec des sanctions, des menaces, des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire », écrit la mission.

Menaces régionales : l’Iran évoque des frappes sur des bases américaines

La crise dépasse désormais le cadre strictement irano-américain. Selon Reuters, un haut responsable iranien a indiqué que Téhéran avait averti plusieurs pays de la région — de l’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis en passant par la Turquie — qu’en cas d’attaque américaine, les bases militaires américaines situées sur leur sol pourraient être prises pour cible.

 « Téhéran a déclaré aux pays de la région (…) que les bases militaires situées dans ces pays seraient attaquées si les Etats-Unis s’en prenaient à l’Iran », a déclaré ce responsable à Reuters, demandant à ces États d’empêcher Washington d’attaquer l’Iran.

 

 

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