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Algérie : Cosider accélère les lignes ferroviaires minières d’Amizour à Gara Djebilet pour doper les exportations

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  • De l’Est à l’Ouest, l’Algérie met le turbo sur le rail pour transformer ses gisements en richesse exportable.
  • Cosider, acteur clé des travaux publics, annonce des avancées majeures sur les corridors miniers, de la mine de zinc et de plomb d’Amizour au mastodonte de Gara Djebilet, tout en misant sur des ports capables d’absorber la montée en charge.

   L’Algérie accélère le déploiement de ses infrastructures ferroviaires pour accompagner l’exploitation de ses richesses minières. Sans corridors de transport efficaces, les minerais restent difficiles à valoriser commercialement : c’est ce constat qui sous-tend l’offensive en cours sur plusieurs axes stratégiques, pensés pour relier les gisements aux zones industrielles et aux ports d’exportation.

Invité du Forum de la radio nationale, Makhlouf Alenda, directeur central du groupe Cosider pour les travaux publics, a détaillé lundi à Alger l’ampleur des chantiers engagés. Avec un objectif : sécuriser les délais, augmenter les capacités logistiques et bâtir une chaîne intégrée, du gisement jusqu’au quai.

Amizour : la ligne Beni Mansour–Béjaïa, artère vitale du zinc et du plomb

Parmi les projets suivis de près figure la ligne ferroviaire Beni Mansour–Béjaïa, présentée comme une infrastructure déterminante pour le développement de la mine de zinc et de plomb d’Amizour, décrite comme la plus grande du pays. Cosider, mobilisé sur une partie des travaux, assure son engagement à livrer dans les temps.

Pour le responsable, le chantier s’inscrit dans une stratégie globale : adosser l’essor minier à une modernisation rapide des réseaux de transport. « Le groupe est présent sur l’ensemble de la ligne minière orientale », a-t-il affirmé, en référence aux différents tronçons destinés à structurer l’acheminement des ressources dans l’Est algérien.

Gara Djebilet : un “chantier colossal” et un pont record en Afrique

Côté Ouest, le projet de Gara Djebilet concentre les superlatifs. Cosider évoque un chantier majeur, porté par une infrastructure appelée à devenir un repère continental : le plus grand pont ferroviaire d’Algérie et d’Afrique. L’ouvrage traverse trois wilayas et longe les routes nationales 6 et 50, qualifiées d’« artères vitales » dans l’organisation des flux.

L’enjeu dépasse la prouesse technique : il s’agit de fluidifier l’acheminement des minerais bruts et des produits transformés vers les ports d’exportation, afin de bâtir une chaîne logistique continue, du site d’extraction jusqu’aux installations portuaires.

Béchar–Tindouf–Gara Djebilet : 950 km déjà réalisés

La ligne minière occidentale Béchar–Tindouf–Gara Djebilet illustre l’accélération de la cadence. Badreddine Nouioua, directeur du projet de pose des rails pour la branche travaux publics, a mis en avant la performance de réalisation : un tronçon de plus de 950 kilomètres achevé en seulement 24 mois, « avant les délais contractuels ».

Une avancée présentée comme un basculement historique sur le terrain : le chantier a transformé ce qui était « un rêve » en « réalité concrète sur le terrain », a-t-il insisté, soulignant le changement d’échelle imprimé aux infrastructures minières de l’Ouest.

Sur le segment oriental du réseau minier, Cosider pilote le tronçon Annaba–Tébessa–Bled El Hadba. L’entreprise annonce une mobilisation maximale pour finaliser la section Annaba–Bouchgouf (54 km) ainsi que la liaison Tébessa–mine de Bled El Hadba, destinée à connecter directement le gisement à l’axe ferroviaire.

Badreddine Nouioua assure que « tous les moyens matériels et humains » sont engagés et que « tous les obstacles ont été levés ». L’échéance annoncée est précise : une livraison à « fin avril 2026 », soit avant la date initialement programmée.

Ports : Annaba se prépare à la montée en puissance des exportations

La stratégie algérienne ne se joue pas uniquement sur les rails. Pour absorber les volumes à venir, les ports doivent suivre, et Cosider intervient également sur ces infrastructures clés. Le port d’Annaba, dont l’extension intègre un quai minéralier dans le cadre du projet intégré de phosphate, est présenté comme un exemple de cette approche “de bout en bout”.

« L’agrandissement du port vise à accueillir les grands navires, ce qui nous permettra de rivaliser sur les marchés internationaux », a expliqué Makhlouf Alenda, reliant directement l’investissement portuaire à la compétitivité à l’export.

Cosider met en avant ses standards et son ambition internationale

Pour soutenir cette montée en charge, l’entreprise publique revendique un alignement sur les standards internationaux. Makhlouf Alenda souligne que Cosider détient « toutes les certifications techniques internationales en matière de qualité, d’environnement, de santé et de sécurité des travailleurs (…) les mêmes que possèdent les entreprises étrangères ».

Un argument clé, selon lui, pour permettre au groupe de « participer à des appels d’offres internationaux » et d’élargir son périmètre au-delà des grands projets nationaux.

Une vision assumée : vers une Algérie post-hydrocarbures

Derrière ces chantiers, Cosider décrit une orientation économique et politique tournée vers l’avenir. « L’Algérie vit un développement global et durable dans le cadre d’une orientation tournée vers l’avenir », a déclaré Makhlouf Alenda. Et de résumer la mission assignée à l’entreprise :

« Notre entreprise œuvre à créer de la richesse en contribuant à ces projets économiques, sociaux et stratégiques. Elle est un outil pour concrétiser les projets de l’État avec des cadres et des moyens algériens. »

Le pari de l’entreprise consiste à mobiliser des ressources minérales longtemps sous-exploitées en construisant les infrastructures capables de les rendre compétitives. À mesure que les corridors ferroviaires se densifient et que les ports s’adaptent, zinc, plomb, phosphate et minerai de fer pourraient contribuer à diversifier les revenus d’exportation — et à dessiner, progressivement, les contours d’une économie algérienne moins dépendante des hydrocarbures.

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