- Les embauches de cadres ont plongé en 2025, atteignant leur niveau le plus bas depuis le début des mesures de l’Apec fin 2020.
- En cause : un net coup de frein dans les TPE. Mais pour début 2026, les intentions de recrutement repartent à la hausse dans les grandes entreprises et les ETI, sur fond d’amélioration du climat des affaires et de rebond de l’investissement privé.
Les chiffres sont sans appel. Les embauches de cadres sont tombées à leur plus bas niveau depuis que l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) a commencé à les mesurer, fin 2020, indique un baromètre publié mardi 3 février. Un recul marqué qui confirme le refroidissement du marché de l’emploi cadre observé tout au long de l’année.
Au quatrième trimestre 2025, seules 8% des entreprises ont embauché au moins un cadre, d’après une enquête menée du 1er au 12 décembre auprès d’un échantillon de 1.000 entreprises employant au moins un cadre. Elles étaient 12% à l’avoir fait fin 2022, signe d’un ralentissement durable.
Les TPE à l’origine de la chute, les grandes entreprises résistent
La dynamique n’est pas uniforme : elle se dégrade fortement dans les petites structures. À l’automne, “la baisse a été tirée par les TPE” de moins de 10 salariés : seules 2% ont recruté au moins un cadre sur la période, soit cinq points de moins sur un an.
À l’inverse, les grandes organisations amortissent le choc. 54% des grandes structures ont embauché au moins un cadre au quatrième trimestre 2025, soit +2 points sur un an, détaille l’Apec. Une résistance qui reflète souvent des besoins plus réguliers, des budgets plus stables et des plans de recrutement moins sensibles aux variations conjoncturelles.
« On a un faisceau d’indices qui peuvent laisser présager d’une amélioration ou au moins un arrêt de la tendance à la baisse en 2026”, a déclaré Laetitia Niaudeau
Après une année de recul, l’Apec identifie toutefois un début d’inflexion. Début 2026, “on a un faisceau d’indices qui peuvent laisser présager d’une amélioration ou au moins un arrêt de la tendance à la baisse”, a déclaré lors d’une présentation à la presse Laetitia Niaudeau, directrice générale par intérim de l’Apec.
Parmi les explications avancées : le rebond de l’investissement des entreprises privées au quatrième trimestre, après deux années de repli, et le redressement du climat des affaires fin 2025, qui se rapproche de sa moyenne de long terme.
Conséquence directe : les intentions d’embauche pour les trois prochains mois remontent nettement dans les grandes entreprises et les ETI, à 51%, contre 43% en septembre 2025. Le mouvement touche aussi les PME : leurs intentions progressent de 12% à 16%. Seules les TPE continuent de décrocher, avec des intentions en baisse de 4% à 2%.
Marché de l’emploi cadre : une confiance encore très fragile
Côté cadres, le ressenti demeure prudent. Selon une seconde enquête réalisée aux mêmes dates auprès de 2.000 cadres, seuls 42% estiment “qu’il leur serait facile de trouver un emploi équivalent au leur s’ils devaient changer d’entreprise ou perdre leur emploi”. Un chiffre en recul de trois points sur un an, signe d’un marché perçu comme plus étroit.
Les indicateurs de confiance n’ont d’ailleurs pas retrouvé de souffle en 2025. Ils sont restés “à un niveau historiquement bas”, comparables “à ceux de septembre et décembre 2020, en pleine crise Covid”, souligne Laetitia Niaudeau.
Autre signal suivi de près : l’insertion des jeunes diplômés. Les titulaires d’un Bac+5 de la promotion 2024 ne sont plus que 70% à occuper un emploi salarié un an après leur diplôme, contre 72% pour la promotion 2023 et 74% pour la promotion 2022.
La photographie de fin 2025 met en évidence un marché de l’emploi cadre « à deux vitesses », d’un côté, des TPE en fort repli, de l’autre des grandes entreprises qui tiennent mieux et recommencent à se projeter.
