- Le gouverneur François Villeroy de Galhau a annoncé, lundi 9 février, qu’il quittera ses fonctions au début du mois de juin, alors que son mandat devait s’achever fin 2027.
- L’ex-banquier de BNP Paribas prendra la tête de la fondation Apprentis d’Auteuil, engagée dans la protection de l’enfance, et assure que la période à venir permettra “d’organiser paisiblement” sa succession.
L’annonce a pris de court l’écosystème financier et les observateurs de la politique monétaire. Lundi 9 février, François Villeroy de Galhau a fait savoir qu’il quitterait la direction de la Banque de France au début du mois de juin, une décision surprise puisque son mandat courait jusqu’à la fin de l’année 2027.
Dans un communiqué de l’institution, le gouverneur a revendiqué le sens de son engagement : « Mes près de onze années à la tête de la Banque de France et au service de l’euro sont et resteront l’honneur de mon parcours public », a-t-il déclaré.
Dans une lettre adressée aux agents de la Banque de France, François Villeroy de Galhau insiste sur le cadre de sa décision, prise « en toute indépendance personnelle ». Il précise avoir partagé son choix “il y a quelques jours” avec le président Emmanuel Macron, le gouvernement et la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.
Le calendrier se veut, selon lui, suffisamment large pour organiser la transition : « Le délai d’ici début juin est suffisant pour organiser paisiblement ma succession », assure le gouverneur, en poste depuis novembre 2015 et reconduit en 2021 pour six ans.
Une institution au cœur de l’économie française
Au-delà de sa participation aux décisions de politique monétaire au sein de l’Eurosystème, la Banque de France occupe une place centrale dans la vie économique du pays. Présente partout en France, elle intervient sur des missions sensibles et très concrètes : lutte contre le surendettement, contribution à la fixation du taux du Livret A, ou encore fabrication des billets.
Le départ anticipé de son gouverneur relance donc, mécaniquement, la question de la continuité de ces missions, dans un contexte économique qui reste marqué par les tensions inflationnistes et les incertitudes géopolitiques.
Polytechnicien et énarque, âgé de 66 ans, François Villeroy de Galhau aura traversé une décennie heurtée à la tête de la banque centrale française, entre le premier mandat de Donald Trump, la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine.
En parallèle, le gouverneur a mené une réorganisation interne d’ampleur. Selon les éléments rappelés dans sa lettre, la Banque de France a réduit ses effectifs d’environ 30% et engagé le chantier d’une nouvelle imprimerie pour les billets de banque. Il défend ce bilan auprès des agents : « Nous avons transformé cette grande institution publique », a-t-il écrit.
« J’ai avec vous, grâce à vous, la fierté de ce qui a été accompli depuis 2015, même si j’en mesure bien sûr des limites », ajoute t-il.
François Villeroy de Galhau attendu à la Fondation Apprentis d’Auteuil
À partir de son départ, le gouverneur prendra la présidence de la fondation Apprentis d’Auteuil, engagée dans la protection de l’enfance, et succédera à Jean-Marc Sauvé. Strasbourgeois de naissance, issu d’une famille industrielle de l’Est de la France (Villeroy et Boch), François Villeroy de Galhau présente cette nouvelle mission comme une continuité de son engagement public : la présidence de cette institution « me permettra de continuer de servir l’intérêt général », a-t-il estimé.
Roland Lescure salue “rigueur” et “indépendance”
L’annonce a suscité des réactions politiques. Dans un message publié sur Bluesky, Roland Lescure a dit avoir « salué l’engagement et le sens du service de François Villeroy de Galhau, qui a accompagné notre économie dans des années de profondes transformations ».
Le ministre de l’Économie a également souligné la ligne suivie par le gouverneur depuis 2015 : « son action a toujours été guidée par la rigueur, l’indépendance et le souci de l’intérêt général. Je tiens à lui exprimer ma gratitude pour le travail accompli au service de la stabilité financière de notre pays », a-t-il poursuivi.
