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Étude PwC Maroc : 51% des directions financières misent sur la tech pour croître en 2026

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  • Entre pression sur les marges et durcissement des exigences réglementaires, la fonction finance au Maroc se réinvente.
  •  Selon la 4e édition de l’étude de PwC au Maroc, 51% des directions financières comptent sur la transformation technologique et l’innovation pour générer de la croissance en 2026, avec une priorité claire : produire une information plus fiable, plus vite, pour mieux piloter la performance et sécuriser le cash.

    Réalisée auprès de plus de 50 directions financières représentant 10 secteurs d’activité, la 4e édition de l’étude de PwC au Maroc dédiée aux priorités des CFO locaux apporte un éclairage sur les évolutions majeures de la fonction finance à l’horizon 2026. L’enquête analyse les priorités stratégiques, les risques clés et les leviers de performance identifiés par les dirigeants financiers marocains.

Premier enseignement : la confiance demeure forte. Selon l’étude, 91% des dirigeants financiers se déclarent confiants dans les perspectives de croissance de leur entreprise à l’horizon d’un an. À plus long terme, l’optimisme atteint 95% à l’horizon 2030, signe d’une résilience marquée malgré les incertitudes économiques et géopolitiques.

« Cette confiance est certainement la résultante du climat d’affaires au Maroc, qui est porté par des projets d’investissement d’envergure et des réformes économiques qui visent non seulement à améliorer les conditions macroéconomiques mais surtout à développer l’environnement social au Maroc », souligne Mohamed Rqibate, Associé Responsable des activités Audit chez PwC au Maroc.

Dans un contexte où les entreprises doivent composer avec des tensions sur les marges, la hausse des coûts s’impose, pour la troisième année consécutive, comme le principal risque cité par les directions financières : 21% des répondants la placent au premier rang.

Mais l’étude met aussi en évidence une montée en puissance des enjeux de conformité. Les évolutions réglementaires et fiscales s’installent désormais parmi les préoccupations majeures, mentionnées par 18% des directions financières. Une dynamique qui reflète des attentes accrues en matière de respect des normes, de fiabilité des données et de transparence.

Les risques géopolitiques restent également significatifs, cités par 17% des répondants, rappelant l’impact des tensions internationales sur les décisions d’investissement, les chaînes d’approvisionnement et les stratégies de croissance.

Priorité : piloter la performance et sécuriser la liquidité

Face à ces risques, les directions financières réaffirment une ligne directrice : le pilotage de la performance demeure la priorité numéro un à l’horizon 2026. Il devance la gestion du cash et l’optimisation du besoin en fonds de roulement, considérées comme des conditions essentielles pour préserver la rentabilité et garantir la liquidité.

« La maîtrise des coûts, la performance du cash et la conformité réglementaire sont désormais indissociables. Les directions financières sont attendues sur leur capacité à produire une information fiable, dans des délais toujours plus courts, pour éclairer les décisions stratégiques», explique Kenza Sabouni, associée Audit chez PwC au Maroc.

Derrière ces priorités, une réalité se dessine : la fonction finance doit répondre à une exigence de vitesse et de fiabilité, en fournissant des indicateurs robustes capables d’éclairer la gouvernance et d’accompagner les arbitrages stratégiques.

Transformation technologique : un levier de croissance, une maturité encore contrastée

Autre signal fort de l’étude : la technologie joue un rôle structurant dans l’évolution de la fonction finance au Maroc. Plus d’une direction financière sur deux (51%) affirme miser sur la transformation technologique et l’innovation pour créer de la croissance en 2026.

Pour autant, l’adoption reste inégale, notamment sur l’intelligence artificielle. Seules 6% des directions financières déclarent un usage opérationnel de l’IA déployé sur plusieurs processus, tandis qu’une part importante en est encore à la phase de réflexion, de tests ou d’expérimentation.

Les gains de productivité attendus se concentrent sur les processus les plus consommateurs de temps et de données. Le reporting financier et de performance apparaît comme le premier gisement de performance, cité par 74% des répondants. La budgétisation, la gestion de trésorerie et la clôture comptable figurent également parmi les domaines où l’automatisation et la modernisation des outils sont susceptibles d’accélérer les cycles et de renforcer la qualité de l’information.

Une fonction finance de plus en plus stratégique

Au-delà des indicateurs, l’étude confirme une évolution de fond : la direction financière se positionne de plus en plus comme un acteur stratégique de l’entreprise. Entre maîtrise des coûts, sécurisation du cash, conformité accrue et transformation digitale, les CFO marocains sont appelés à combiner efficacité opérationnelle et création de valeur durable.

À l’horizon 2026, la capacité à piloter la performance, à fiabiliser les données et à tirer parti des technologies — tout en maintenant la confiance des parties prenantes — s’impose comme le nouveau standard de la fonction finance

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