- L’économie tunisienne a accéléré en 2025. D’après l’Institut national de la statistique (INS), le PIB a progressé de 2,5 % sur l’année, contre 1,4 % en 2024.
- Une dynamique renforcée au quatrième trimestre, grâce à un rebond agricole marqué et à de bonnes performances industrielles, malgré le recul de l’extraction pétrolière et gazière.
L’activité économique en Tunisie a connu un net renforcement en 2025. Selon les estimations de l’Institut national de la statistique (INS), le Produit intérieur brut a progressé de 2,5 % sur l’ensemble de l’année, un taux en hausse par rapport à 2024 (1,4 %). Les chiffres publiés confirment ainsi un rythme de croissance plus soutenu, dans un contexte marqué par des trajectoires sectorielles contrastées.
La fin d’année a particulièrement consolidé cette tendance. Au quatrième trimestre, le PIB réel corrigé des variations saisonnières a augmenté de 2,7 % par rapport au même trimestre de 2024. Sur une base trimestrielle, l’évolution est également positive : la croissance atteint 1 % par rapport au trimestre précédent, illustrant une amélioration continue de la conjoncture.
Agriculture : une hausse de 12,3 % et un rôle déterminant
Parmi les principaux moteurs de cette croissance, l’agriculture se distingue nettement. Au quatrième trimestre, la valeur ajoutée du secteur a progressé de 12,3 %. Dans le détail, cette performance se traduit par un effet direct sur l’ensemble de l’économie : l’agriculture a contribué à hauteur de 1,08 point de pourcentage à la croissance trimestrielle du PIB, confirmant son poids dans l’accélération observée en fin d’année.
Industrie manufacturière : +4 %, tirée par le mécanique-électrique et l’agroalimentaire
L’industrie manufacturière a, elle aussi, soutenu la dynamique. Elle a progressé de 4 %, portée principalement par des branches en expansion. Les industries mécaniques et électriques affichent une hausse de 7,8 %, tandis que les industries agroalimentaires enregistrent une progression de 6,1 %, signe d’une activité plus vigoureuse dans plusieurs segments industriels.
À l’inverse, la performance est moins favorable dans le secteur extractif. L’extraction de pétrole et de gaz naturel a reculé de 13,3 %. Plus globalement, l’ensemble du secteur de l’énergie, des mines et de l’eau a légèrement diminué de 0,3 %, une tendance qui contraste avec la progression de l’agriculture et de l’industrie manufacturière.
Services : croissance modérée, mais tourisme et TIC en hausse
Le secteur des services poursuit une trajectoire positive. Sa croissance atteint 1,4 %, avec des évolutions notables dans certaines activités. L’hôtellerie et la restauration ont progressé de 7,2 %, confirmant un dynamisme plus marqué. De leur côté, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont augmenté de 3,7 %, renforçant leur place dans l’économie tunisienne.
Demande intérieure en hausse, balance commerciale toujours déficitaire
Du côté de la demande, la consommation et les investissements ont joué un rôle de soutien. La demande intérieure a augmenté de 3,4 %. Les échanges extérieurs, en revanche, restent déséquilibrés : les exportations de biens et services ont progressé de 10,4 %, tandis que les importations ont augmenté de 10,3 %. Par conséquent, la balance commerciale est restée déficitaire, malgré la hausse des exportations.
Avec une croissance annuelle de 2,5 % en 2025, la Tunisie signe une accélération par rapport à 2024, portée par l’agriculture, l’industrie manufacturière et certaines branches des services. Mais le recul de l’extractif et la persistance d’un déficit commercial rappellent que la reprise demeure fragile et hétérogène, dépendante de quelques moteurs clés et de l’évolution de la demande intérieure.
